L’avis de la vieille alpiniste / européenne / qui a volé depuis le Mont Blanc :
Je trouve totalement aberrant que la frontière passe au-dessous de la calotte glaciaire sommitale, réservant le sommet du Mont Blanc, celui du Mt Blanc de Courmayeur et le col Major à la commune de St Gervais, les pentes nord du Mont Blanc étant sur la commune de Chamonix.
Aller au Mt Blanc de Courmayeur sans passer en Italie est complètement absurde. Cette antécime est sur le plan topographique en territoire italien.
La ligne de crête, qui sert de frontière, passe par l’Aig de Bionnassay, le col du Dôme, le Dôme du Goûter et le reste de l’arête des Bosses, le sommet du Mont Blanc, le col de la Brenva, le Mont Maudit, la Tour Ronde, le col du Géant, la Dent du Géant, les Grandes Jorasses, le Triolet et le Dolent.
Le col Major et le Mt Blanc de Courmayeur sont donc logiquement en territoire italien.
L’Europe reste à faire… mais pour moi tout le massif est en territoire européen.
La fréquentation des versants italiens du massif est nettement moindre que celle des versants français, ce qui s’explique par les énormes dénivelées sans remontées mécaniques, la difficulté et l’engagement des ascensions et le terrain extrêmement rébarbatif des itinéraires “à vaches”. Il est donc compréhensible que le ballet des hélicoptères du Secours en Montagne italien soit nettement plus restreint que de notre côté.
Pour aller poser au Mont Blanc, ou pour en faire le tour, il faut prendre énormément de gaz, donc trouver à la fois des appuis dynamiques conséquents et des ascendances thermiques généreuses, le tout avec un plafond énorme, conditions assez rares. C’est sans doute pour ça que les parapentistes avisés partent de Champex, dans le Val Ferret suisse, mieux orienté et non glaciaire comme le col du Géant.
Une carte a été publiée de la zone interdite aux parapentes en juillet-août. Transgresser cette interdiction serait totalement irresponsable et hautement nuisible pour notre activité.
Si le col Major était en Italie, poser au Mont Blanc en période interdite serait légal, à condition d’affaler la voile en Italie. Il se trouve quand même qu’à l’heure où les parapentistes se posent la foule des ascensionnistes lambda est redescendue depuis longtemps, que les hélicos n’ont aucune raison de venir voler par là vu qu’il n’y a plus personne et que s’il y a eu un secours c’est fini depuis longtemps.
D’autre part, on n’imagine pas au sommet une guérite avec un gendarme chargé de verbaliser les rarissimes parapentistes venant se poser, d’où on peut inférer qu’il y a une sorte de tolérance pour ce posé exceptionnel.
Si on raisonne comme moi, on peut donc contourner l’interdiction de survol de la zone interdite : on monte à pied au sommet, on décolle vers l’Italie et on contourne la zone à partir du col de Tricot par lequel on repasse en France. De là au Brévent puis à l’atterro du Bois du Bouchet, c’est légal.
Tant qu’à faire, autant attendre septembre et prendre le PIED GEANT d’un survol du massif.
Bons vols à tous* et encore bravo à Gérald et à Bastoon.

la situation juridique de cette petite zone est assez ubuesque.