bonsoir tout le monde,
le sujet est vaste et vraiment complexe.
Le BRA te donne une idée, chiffrée, du risque d’avalanche, à un moment donné. Mais, cest à l’échelle d’un massif entier. Donc, en gros, ce week end, si le risque était donné à 4, ca voudrait dire de façon un peu caricaturale j’en conviens, que au pied de la dent de Crolles, sous le pilier sud et sur le déco nord tu es en risque 4!!!
Tu réalises vite, les limites du système…mais tu comprends très vite que par risque 4, tous les endroits ne sont pas aussi exposés les uns que les autres. A la terrasse du Chamois, à mon avis, c’etait pas trop expo ce dimanche…
Donc, oui bien sûr, le choix du profil de la pente, de l’exposition (Nord, sud…), des pentes éventuelles que tu peux avoir au-dessus de ta tête même si tu te ballades sur le plat, sont des facteurs à prendre en compte. De même que l’évolution des températures(hausse brutale par exemple), le vent dans les derniers jours (force, direction) sont pour moi des éléments importants dans mes prises de décision.
Après, il y a plein de paramètres qui entrent en compte et qui laisseent la possibilité de pas mal d’erreurs. Au jour d’aujourd’hui,les spécialistes en nivologie sont assez d’accord sur le fait qu’on sait de plus en plus comment ça fonctionne “mécaniquement” (effondrement de la couche fragile…); par contre, être sûr de son coup en affirmant que telle pente va partir ou pas, cest beaucoup plus complexe…
Le fait de faire un trou a aussi ses limites car la répartition spatiale de la neige est très variable surtout s’il y a eu du vent. En gros, tu fais un trou à un endroit donné, ce qui peut te donner des tas d’infos intéressantes (couche fragile ou pas, à quelle profondeur), mais le problème est que si tu vas 50m plus loin et que tu creuses un autre trou, tu peux trouver un profil stratigraphique(le sandwich avec les différentes couches de neige) complètement différent!
Quant à l’expérience, cest malheureusement un peu à double tranchant: le fait de passer beaucoup de temps sur le terrain t’enseigne evidemment beaucoup de choses. Mais le risque principal, est de prendre trop d’assurance et de réduire ses marges de sécurité.
Bon, allez, je ne veux pas vous pourrir votre hiver…mais finalement,il y a beaucoup de similitudes avec notre démarche d’analyse aérologique en parapente. Dans tous les cas, il faut bien se rappeler que par rapport à l’élément, on est tout petit, et que si tu te mets dans un vrai “sous le vent” ou dans une pente qui commence à partir, t’as beau avoir gagné la PWC ou être champion du monde de free ride, t’es quand m^me bien dans la merde!!!
Donc prenons des marges, pour vivre plus vieux, mais ça restera toujours plus dangereux que le tennis! Le tout est d’en être conscient et de l’accepter.
Bonne soirée.