Alors voilà: ce n’est pas le cross du siècle, pas un plafond de dingue, mais c’est un vol qui m’a marqué.
Pour situer le contexte, j’ai ma qualif bi depuis le 10 juillet, et jusque là, mes disponibilités conjuguées aux conditions météo ne m’avaient pas permis de m’en servir. Je sais que ma p’tite maman rêve de voler… le premier bi rêvé, non?
Là, mes parents viennent me voir en Belgique (23 août). Les prévisions météo donnent un créneau potentiellement volable l’après-midi.
Tout le matin, c’est orage sur orage, je n’y crois pas trop. Pourtant, les sites météo persistent, ça va s’ouvrir… l’animation satellite semble du même avis…
Mes parents arrivent vers midi, il pleut encore. Pas d’urgence donc, on va manger. Pendant le repas, le ciel commence à se dégager… par contre, ça souffle. Mais bon, on y croit.
Une fois le café avalé, on charge le bi dans la voiture et direction Coo.
La météo annonçant du sud, et le défilement des nuages confirmant, on se pointe, ma maman et moi, sur le déco sud!
Là, j’ai une impression bizarre. C’est axé, relativement fort mais pas extrême, mais cyclique, rafaleux… ce déco étant une trouée dans les arbres, il canalise l’air et du coup on a toujours l’impression d’un vent de face. Je commence à soupçonner un “sous le vent”.
Là, je croise Ferdinand, le candidat néerlandais à la XAlps. On discute un peu, il me confirme que, selon lui, c’est plus ouest que sud. Et, selon lui, limite au niveau de la force du vent. Ma maman écoute, un peu méfiante… une fois Ferdi partie, elle me demande: “c’est quoi le problème si le vent est trop fort?”. Bigre, motivée, elle veut voler… je lui explique pourquoi nos enfins ne permettent pas de voler dans du vent fort.
Direction donc le déco ouest. C’est plus régulier, un peu plus fort aussi. Légère composante sud aussi.
Je m’interroge: décollage ou pas? Je serais en aile solo, je partirais sans hésiter. Le biplace avançant plus vite, la question est donc: te sens-tu de décoller un biplace en sécurité avec ce vent? La réponse est: oui.
équipement, briefing. Je suis un peu tendu, ma maman est comme une gamine à qui on offre un nouveau jouet.
Le gonflage, face voile, se déroule sans problème, je me retourne, prise en charge sur un pas, et on est en l’air!
Ca tient un peu, mais c’est assez turbulent, le vent est fort, donc je ne reste pas au relief, j’avance. Comme ça remue un brin sous la voile, je veux rassurer ma passagère… pas la peine, elle adore ça! Je trouve un thermique tout couché, je l’enroule sur un tour, le perds… en aile solo, j’aurais bataillé pour le noyoter, mais là, je ne le sens pas trop… je recherche un peu, trouve des machins qui permettent de tenir et prolonger un peu le vol.
Puis, il faut aller poser. Ma mère a des étoiles plein les yeux, et moi, je suis heureux d’avoir partagé ce moment avec elle.

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karma+

… Je ne l’ai pas emmené dans les Vosges. J’attends de bonnes petites conditions de vol de plaine où je suis sûr de le décoller et de le poser en 1 pas.