Comment vole une voile trouée ?

Petite question stupide: pour la finir à la Dune du Pyla, j’ai cramé plein de trous dans l’intrados en bord de fuite de mon aile, histoire d’évaquer le sable. Là-bas on m’a expliqué que ca se faisait. Ma Golden rincée n’en est pas devenue meilleure, évidemment, mais la question me taraude:

  • forcément, la pression interne dans les caissons est moindre :vrac:
  • forcément, les performances de l’aile aussi, mais on s’en fout :ppte:
  • pour rouvrir les oreilles, c’est vrai, il faut pomper comme un sourd (donc ça doit être pareil pour les fermetures :koi: )

Reste à savoir si cela peut provoquer un problème de sécurité. J’ai fait une 15aine d’heures à la Dune avec ce chiffon, il n’y a pas eu de mauvaise réaction.

Qui aurait un avis argumenté sur la question ? :coucou:

tu peux faire un ptit calcul rigolo :wink:
si tu mesure la surface totale trouée et que tu la compare à la surface d’entrée d’air de tes caissons, tu peux te faire une idée de l’influence de tes trous.
ca m’interesse si tu fais ce calcul :pouce:

A priori, je dirais que la porosité de 50m² de tissu de ta vieille golden laisse passer bien plus d’air que les ptits trous que t’as fais :trinq:

D’apres le petit calcul que je viens de faire, 50 m2 de tissu a 10 litres/m2/minute (je sais pas si c’est representatif de la porosite d’un parapente, j’ai lu une valeur de 6 qque part sur le web) laisse passer en gros autant d’air qu’un trou d’un cm2 en supposant que l’air en sort a environ 10 m/s (ordre de grandeur de la vitesse du parapente) et bien perpendiculairement… si j’ai pas fait d’erreur de calcul on est proche de 500 litres (0.5m3) par minute.

Je dirais qu’une cigarette fait des trous d’environ un demi cm2. Si on fait un trou par caisson ca doit commencer a avoir un effet nettement plus sensible sur la pression interne de la voile que la porosité.

mmmhm 500L/min pour 1 seul trou de cigarette?
ca fait du 8L/s. c’est pas impossible, mais ca me parait beaucoup. tu as calculé comment?

Salut et fraternité,

Si la voile est secouée, il n’est pas idiot de démonter les coutures du bord de fuite des stabilos sur 25cm et de les refermer avec du velcro. Une machine à coudre lambda suffit, si elle est capable de faire du point zig-zag.
C’est prévu d’origine sur certaines voiles, pour les vider de l’eau, des insectes, du sable et autres cochonneries, et cela ne pose pas de problème de pression interne (surtout qu’il n’y a pas de caissons en bouts d’ailes).
J’ai fait cette manip sur un capuchon de nez d’ULM, excellente tenue.
Coudre une fermeture-éclair, des crochets façon guêpière ou des boutons façon braguette n’aurait à mon avis aucun avenir mais si quelqu’un veut essayer…

Ugh !

500 L/min pour deux ou trois trous de cigarettes (1cm2). J’ai peut-etre sur estimé la vitesse de l’air qui s’échappe en prenant la vitesse du parapente.

Pour ce qui est du calcul, j’ai simplement consideré un flux d’air bien perpendiculaire a 10 m/s (36 km/h) a travers un trou de 0.0001 m2 (1cm2). 0.0001*10 = 0.001 m3/s = 0.0599999 m3/min.

EDIT: ce qui fait 59 L/min, pas 599, je me suis gourré :oops: J’avais lu 0.59 m3/min au lieu de 0.059.
EDIT2: 60 L/min en fait, les .9999 qui trainent sont une erreur d’arrondis de ma calculette. Je suis vraiment pas bien reveillé. :bang:

:stuck_out_tongue:
Pour la porosité, je ne sais pas si c’est véritablement un rapport 2 entre une voile neuve et rincée.
d’après ce que j’avais vu, il faut en gros 300 secondes pour faire le test de porosité sur du tissu neuf, mais ca peut descendre à 30 secondes sur du tissu rincé, soit un rapport 10!
Cela dit, même avec une porosité 10 fois inférieure à la porosité neuve, la voile est encore volable! :wink:

http://www.porcher-ind.com/data/telechargement/Flyer_Skytex_27_GB.pdf
40L/min, c’est ce qui s’échappe d’1 m² de tissu neuf quelque soit le grammage.
sur 50m² de tissu, celà fait donc 2000L, soit 2m^3

un trou d’air d’un cm² laisse donc échapper environ 33 fois moins d’air qu’un tissu neuf.

Ensuite, avec une aile rincée, faut imaginer que c’est multiplié par 5 ou 10, soit 10 ou 20m cube par minute, et là, le trou devient carrément insignifiant (300 fois inférieur) :slight_smile:

Sous quelle pression?

par comparaison, le débit d’entrée d’air dans les caissons a pour ordre de grandeur

50 (nbre de caissons) *0.04 (m²) * 10(m/s)=2mcube/s, soit 120mcube par minute.

Donc même sur une voile complètement rincée, au bord de l’inutilisable, le débit d’air entrant est 10 fois supérieur au débit d’air sortant. donc sur 10 particules d’air arrivant, il en reste toujours 9 pour contourner le profil :wink:

Ta voile va exploser…

je ne me souviens plus. la mesure se fait par “depression”, mais j’ignore le delta, je me renseignerai :wink:

ouais, je me suis mal exprimé, disons que la qté d’air disponible sur le BA est 10 fois supérieure à celle requise pour que la voile reste gonflée :wink:

Parce que pour comparer deux débits, il faut être avec la même différence de pression (“dépression” si tu préfères… de toutes façons un des deux côtés du tissu est forcément en dépression par rapport à l’autre).

bien sur, je voulais dire que la mesure se fait par mesure de temps d’arrivée d’air dans une enceinte dans laquelle un vide partiel est fait, (enfin je crois); d’ou un temps de mesure grandissant avec l’amélioration de la porosité de nos tissus au fil des années :wink:

voila un projet interessant: la mise au point d’un appareil de porosimétrie qui calcule en quelques secondes au lieu de 300 :jump:

par contre, je ne tiens pas compte du débit d’air qui a lieu au niveau des coutures… et cela j’en ai aucune idée, mais je suis intéressé si quelqu’un a un ordre de grandeur

Oui, mais ce que je voulais dire, c’est que cette différence de pression est probablement très supérieure à la pression interne d’un parapente en vol, donc comparer les deux débits me semble une erreur. Il faut comparer avec le débit qui passerait par le trou sous cette même différence de pression (le calcul est très simple, il suffit de connaître la pression).

Pour calculer en quelques secondes au lieu de 300, il suffit d’appliquer une différence de pression plus grande. Par contre, le test risque fort de devenir destructif…

c’est bien le problème :wink:
l’autre solution serait de réduire la taille d’un tissu témoin (standard cercle 10cm²) pour augmenter le delta de pression sans trop augmenter la contrainte), mais plus la surface de l’échantillon analysée est petite, plus la fiabilité de la mesure décroit. :bang:

Les tests de porosité ça existe !

Travaillant dans le domaine, j’ai moi-même pu assister à un test du genre à l’Institut Français du Textile et de l’Habillement sur du tissu (estampillé Porcher Sport il me semble) :smiley: Mais je n’ai pas pu voir les résultats … sniff

En gros ils plaquent une “membrane” de tissu au milieu d’un cylindre (il en sépare donc les 2 moitiées transversallement) et une pression est appliquée au dessus. On mesure la diminution de cette pression dans le temps et hop tu as la porosité !! :prof:

c’est ce que je dis, non :grat:
le problème, c’est que la durée de la mesure est importante.