Les cordes dynamiques sont essentiellement utilisées en escalade et en alpinisme. On les nomme dynamiques car elles possèdent une certaine capacité d’allongement, située entre 8 et 10 % (jusqu’à 20 % lors d’une chute). La conservation de cette élasticité, qui permet d’amortir les chocs, est une des principales caractéristiques de ces cordes.
Sur une voie d’escalade, un grimpeur progresse pendant la plus grande partie de son temps en étant relié par une corde qui passe dans un amarrage situé en dessous de lui. S’il lui arrive de chuter, il est retenu par la corde. Si celle-ci n’a aucune capacité d’allongement, il a des chances comparables d’être désarticulé par les contraintes que ses membres et surtout sa colonne vertébrale auront subies au moment de la tension de la corde ou précipité en bas de la falaise, suite à l’arrachement, sous le choc, des points d’ancrage placés dans le rocher.
Les cordes dynamiques sont destinées à éviter ces phénomènes. Elles apportent de surcroît un certain confort lors des chutes et de la grimpe.
Pour définir ce type d’utilisation, on parle de facteur de chute. C’est le rapport entre la longueur de la chute (hors allongement de la corde) et la longueur de corde sur laquelle sera amortie cette chute. La longueur de la chute n’intervient pas. Ce facteur varie de 0 à 2 sur une voie d’escalade ; il peut être beaucoup plus important en Via Ferrata notamment.
0 correspond à une chute en moulinette, la corde étant accrochée au-dessus du grimpeur,
1 correspond à une chute d’un point où la corde est amarrée, avec une longueur quelconque de mou,
2 correspond à une chute d’un point situé au-dessus du point d’amarrage, la longueur de corde étant en dessous du grimpeur.
Pour correspondre aux normes européennes de sécurité, une corde dynamique doit être capable (vérification par des tests lors de l’homologation) de résister et d’amortir correctement au moins 5 chutes de facteur 2. Les fabricants annoncent cependant un plus grand nombre de chocs supportés, allant de 7 à 12.
Toujours dans le cadre des normes européennes, il existe une mesure visant à imposer un confort minimal lors du choc. Celle-ci s’appelle Force maximale d’interception (généralement notée FMI). Elle correspond à la force maximale (décélération) exercée sur le corps retenu dans sa chute, entre le début du freinage et l’arrêt du mouvement. On l’exprime habituellement en décaNewton (noté daN). Cette valeur est limitée à 800 daN pour les cordes à double et à 1200 daN pour les cordes à simple.
Lors de l’utilisation en moulinette, les cordes perdent rapidement leur élasticité, car le grimpeur est souvent en tension sur la corde. Cela n’arrive pas avec un grimpeur qui ouvre la voie, car sa corde est généralement en dessous de lui. On choisira donc sa corde selon sa pratique principale. Les cordes adaptées à l’utilisation en moulinette amortissent moins les chocs, mais ont une durée de vie plus longue, et les cordes qui absorbent le mieux les chocs perdent rapidement leur capacité d’allongement si on grimpe régulièrement en moulinette.