Lundi de Pâques à Montlambert (message des Indiens)

Hier lundi de Pâques, il faisait beau, les conditions annoncées étaient sympatiques, et visiblement, ça ne volait pas ailleurs dans la région…
Il y a donc eu foule à Montlambert, et les Indiens sont toujours contents que l’on vienne visiter leur site, même si la tradition d’amener une bouteille en offrande au totem se perd de plus en plus!!
On peut parler pour hier, de centaines de pilotes et leurs accompagnateurs. Bref le site était saturé.
Alors les Indiens de Montlambert voudraient passer quelques messages au sujet de cette journée :

  • tout d’abord vous remercier d’avoir globalement respecté le stationnement au parking du haut, qui même saturé a vu les voitures se garer à son niveau sans aller traverser le hameau. Quelques uns n’ont pas respecté cette consigne (il en faut toujours), mais globalement c’était bon…
    -ensuite demander aux navettes des écoles de ne pas stationner n’importe où près de l’attero, et en particulier sur les champs et les friches, ce n’est pas du tout apprécié par nos voisins les agriculteurs. Les élèves peuvent faire quelques mètres à pied, il ne vous en voudront pas.
    -Enfin et surtout : il y a eu un nombre invraisemblable de hors terrain, alors même que la brise était faible à l’attero. Cet attero n’est pas un mouchoir de poche, et ne présente pas de difficulté particulière. Donc il n’y a aucune raison qui explique ces hors terrain si ce n’est le manque d’attention. J’ai même vu nombre de “guns” ne pas rejoindre l’attero!!
    Ca nous pose un problème épineux de relations avec le propriétaire des champs alentour, qui nous a déjà menacé pour ces mêmes raisons d’arrêter la location de ce terrain. (Les Indiens sont propriétaires du déco, mais pas de l’attero).

Alors SVP, aidez nous à faire que ce site reste praticable, faites attention lors des stationnements, ne roulez pas trop vite sur la route de Montlambert, et évitez les hors terrains.

Les indiens vous remercient d’avance,

Jacques
pour les Indiens de Montlambert.

Quelques réflexions personnelles.

  • Je ne suis toujours pas habitué et j’ai halluciné !
  • Quant on voit ça, on s’imagine bien (si on a un minimum d’empathie) les angoisses des gestionnaires de sites lors de journées pareilles. Même s’ils ne croient en rien, ils doivent prier pour que tout se passe bien…
  • Pour le public et la population locale, lorsqu’il y a un tel nombre de personnes et de véhicules impliqués, il doit être difficile de nous percevoir autrement que comme une horde d’envahisseurs !
  • J’ai eu l’impression que l’Europe entière, voire le monde, était en tourisme parapente dans les Alpes du Nord. Tout d’un coup, on visualise un peu le poids économique de l’activité, y compris dans le secteur touristique ; il faudrait pouvoir faire un reportage sur ce genre de situation pour le repasser le moment venu lors de négociations avec les décideurs…
    En quelques minutes à l’atterro et au déco, j’ai vu des Suisses (Franc fort dorénavant), des Anglais, des Belges, des Russes, des Norvégiens, des Hollandais, des Islandais, etc, etc.
  • J’ai été globalement surpris par le bon niveau technique des gens au décollage. Je trouve qu’il y a eu un progrès massif dans cette phase du vol ces dix dernières années. Dorénavant, tout le monde me donne l’impression d’être plus à l’aise que moi, et c’est tant mieux.

Les hors-terrains de l’après-midi (je n’ai pas vu pour le matin) sont absolument incompréhensibles et concernaient tous les niveaux de pilotes (au vu du matériel).
Lors de telles journées, il faudrait absolument pouvoir faire quelque chose, genre une permanence de quelques Indiens historiques qui feraient payer 5 € à chaque pilote hors terrain. Ce n’est pas tant l’amende en elle-même qui compte, que le fait que ça frappe les esprits et que donc ensuite les gens restent concentrés sur cette question en approche…
En tout cas, ça aurait rapporté des sous au club !

Autre aperçu

Et un coup d’œil sur l’arrière du décollage à un moment où c’était assez tranquille…

Je plussoie largement ces observations… Même si j’ai trouvé que c’était quand même un peu le bordel en haut, mais mois que ce à quoi on pouvait s’attendre en voyant le déco… Quand je suis arrivé il y avait 53 ailes étalées ou en bouchon et facilement 20/30 sacs pas encore ouverts. Pour les progrès au déco, je serais mois catégorique… J’ai vu quelques trucs pas très dignes du niveau requis pour piloter les ailes en question… Mais vu l’alimentation à ce moment là, ça peu arriver. Peut-être rappeler à ceux qui foirent 4 ou 5 fois leur gonflage, qu’il serait bien qu’ils prennent l’initiative d’eux même de laisser passer les autres pilotes qui sont prêts à décoller avant d’en arriver à la 4 ou 5 ème tentative (perso quand je foire, j’essaye deux fois si ça le fait pas je cède la place).

Et à l’atterro… Affligeant!! Des hors terrains à ne plus savoir qu’en faire et effectivement, il n’y avait pas que des ailes école… Je ne suis pas un rapide au pliage, mais pendant que je pliais, il y a quand même eu 5 hors terrain et un 6ème qui s’est posé dans l’aile de quelqu’un d’autre… :koi: Ce n’est pas par ce que les parcelles n’étaient pas encore en culture qu’il faut aller jardiner. Ce site est effectivement un site où nous sommes juste toléré donc notre comportement doit être exemplaire!! Et ce n’est pas par ce qu’il y à 15/20 de brise que ça justifie le jardinage.

Oserais-je dire que tout ceux qui ont posé hors terrain n’auraient même pas dû décoller? S’ils n’ont pas la capacité à gérer la brise à l’atterro ils ne devaient certainement pas plus avoir la capacité à gérer leur aile dans les conditions qu’on avait lundi. Ça devait être folklo en vol dans le bocal à l’heure de pointe, heureusement que je suis allé me balader ailleurs. :grrr:

Merci à tous les clubs gestionnaires de sites fréquentés. Ca ne doit pas être facile tous les jours. :trinq:

HS:

Je ne comprends pas bien votre vision de la relation entre la brise et la difficulté de l’atterrissage, par contre. C’est beaucoup plus facile de faire un posé précis avec une brise bien installée que par vent nul, non ? Une bonne brise régulière à 15-20 km/h et le posé peut se faire en PTI en régulant la descente avec plus ou moins de frein, pas besoin de gérer les virages, la branche vent arrière … etc

Pour les pratiquants en plaine, la force de la brise de vallée en montagne peut surprendre trop tard malheureusement, ça peut être une explication.

Pas si on se fait bêtement piéger trop loin sous le vent du terrain (que ce soit par une approche alakhon sous le vent, ou par une branche vent arrière tirée trop long)…
Autant on peut assez facilement raccourcir dans la brise, autant rallonger est impossible.

La brise à l’atterro de Montlambert est souvent forte au printemps en journée, et rarement régulière.
Parfois il y a un gros gradient, parfois toute l’entrée de terrain porte.
La couche près du sol est fréquemment turbulente.
L’intensité de la brise peut fortement varier d’un moment sur l’autre.

Donc il y a ceux

  • qui rentrent trop tard et sous le vent du terrain et qui n’y arrivent jamais
  • qui font leur approche haut en entrée de terrain et tricotent des S jusqu’à se faire plomber dans le dernier virage dans le gradient
  • qui rentrent leur finale trop haut et qui bouffent tout le terrain jusqu’à en sortir en rebondissant sur les turbulences
  • qui font une PTU mais se font surprendre et pousser trop loin dans leur vent arrière
  • qui rentrent de Coise (ou d’ailleurs) radada en insistant et qui n’atteignent pas leur but (j’en ai été)…
    Et toutes sortes encore de scénarios extraordinaires !

Dans tous les cas, ce n’est pas un endroit où je recommanderais une PTI au frein, étant donné les turbulences qu’on peut y rencontrer.

Les brises en montagne, c’est un point enseigné dans toutes les écoles normalement.
Par défaut, donc en terre inconnue, la PTU permet de gérer à peu près tout sous réserve de faire attention à sa vitesse lors de la branche vent de cul: si cela file on l’interrompt à hauteur de la fin du terrain, quite à finir par un S si on est trop long.

Je pense qu’une partie des hors-terrain sont le résultat de la difficulté à gérer des approches avec beaucoup de pilotes dans les environs. C’est là où encore la PTU permet de gérer au mieux les cas en limitant le nombre d’obstacles volants faidsant des S en entrée de terrain.

On parle des posés en milieu de journée.
Dans ces cas-là, j’y vais en PTU mais une fois sur deux ça se termine en PTS. Pourquoi ?
Parce que par exemple, si lorsque la brise est très forte tu arrêtes ta vent arrière pile en entrée de terrain, c’est souvent trop tard ; avec ton inertie (temps de réaction personnel plus celui de l’aile et dosage de ton action), tu t’es fait positionner quelques mètres avant l’entrée de terrain et le gradient te plante durement sur place. Donc tu prends de la marge… et tu rentres trop tôt… et là tu te fais remonter par les déclenchements… donc tu tricotes en S avec les autres !

On est sur des trajectoires non pas linéaires mais en 3 dimensions, en plus dans une portion d’atmosphère dont les caractéristiques varient à la fois de proche en proche et dans des laps de temps très courts. On ratrappe tout ça avec l’expérience et l’improvisation la plupart du temps.
Mais je trouve que c’est clairement une situation difficile pour qui a un petit bagage.

Alors, facile ou pas cet attero ? Faut vous mettre d’accord ! :clown:
Content de ne pas y avoir été lundi, pas envie de tricoter dans les bulles en entrée de terrain avec 3 pilotes devant et 12 derrière…
A+ :coucou:

Peut-être que justement avec une PTU et sa branche vent arrière qui permet de ; 1) visualiser au mieux la vitesse du vent et 2) ne jamais être plus sous le vent du terrain que nécessaire, il y aurait moins de hors-terrain ?

:sors:

La plus grande partie des hors terrain que j’ai vu lundi étaient a cause d’un virage raté après la branche vent arrière qui les ont plantés sur place à cause d’un manque d’anticipation et du gradient, ou alors à une prise de terrain trop sous le vent et qui ne permettait plus de rentrer.

Que faut-il en déduire ? :grat:

Dans ce cas précis, ça ne devrait pas poser de problème. Il y a de long chemins rectilignes qui traversent les parcelles. Il suffit de s’aligner dessus, de poser et de plier, ils sont juste assez larges.
Bien sûr, il ne faut pas attendre le dernier moment et ça doit rester exceptionnel.

Il y a aussi une solution radicale aux problèmes de stationnement, c’est de se garer plus haut le long de la route qu’on survole avant d’atteindre l’atterro et et de monter à pied au déco par le sentier balisé.
On évite les nids de poule du chemin défoncé de l’atterro et, pendant les montées et les descentes, les croisements parfois délicats avec des riverains pas toujours souriants, ce qui peut se comprendre.

Bah, monter à pieds c’est bien, mais je ne suis pas certain que tout le monde soit capable de trainer leur sac de 15kg sur 600m de déniv en gardant assez de mana pour pouvoir décoller dans les conditions qu’on avait lundi.

Quoi qu’il en soit, à chaque fois que je vais à Montlamb, j’ai pour habitude de toujours rouler à vitesse modérée, en particulier dans les virages et les zones habitées et de céder le passage à tous les véhicules que je croise, en disant bonjour. Cela me semble la base pour continuer à être toléré en ces lieux.

@ wowo : un manque d’anticipation?.. Un manque de considération pour le travail fait par les indiens pour maintenir cet atterro ouvert?.. Quand les champs sont en culture, un manque de considération pour le travail de l’agriculteur?..

Ça demande plus de temps. C’est à dire partir plus tôt, monter pépère et récupérer au moins 15 minutes avant de déplier.
C’est souvent pour des questions de temps que je ne monte pas à pied. Contraintes familiales, du travail, météo qui change rapidement…
Sans trop compromettre la sécurité passive, avoir un sac de 12 kg au lieu de 15 rend la montée sensiblement plus facile.

:pouce: que je synthétiserais par un manque de respect général pour la rigueur que demande une activité aéronautique pour être pratiqué de façon responsable et mature.

Le terme “général” n’est évidemment pas à prendre comme qualificatif de la communauté parapente, sans doute pas même pour tous ceux qui ont posé hors-terrain (car un impondérable est toujours possible, quoique… cela ne devrait pas) mais certainement pour la grande majorité d’entre-eux.

Ce récit de cette journée parmi les Indien me laisse juste penser que de trop nombreux pilotes se fient encore et toujours plus au grand Manitou pour leur plan de vol, qu’à une vraie réflexion sur ce qu’ils envisagent de faire ou font.

C’est bien la peine de penser voler tel un aigle pour finir par poser comme une autruche et de même la tête dans le sol pour ne assumer ses incompétence. :taupe:

Oh… je ne vise personne du forum. Mais il est évident que ce genre de comportements et d’incidents ne font que nuire à notre activité et risquent de ruiner les efforts des gestionnaires de sites sensibles tel celui de Montlambert.

Sur un autre fil de discussion, il est fait état d’un reportage lamentable du JT de France-2 suite à un accident mortel de Kite. Heureusement que rien n’est arrivé dans les jours précédent dans le coin en parapente car il est évident que dans une journée comme celle décrite à Montlambert. Les journalistes en recherche d’images “chocs” pour démontrer la “dangerosité” de notre passion auraient de quoi faire.

J’ai craché mon fiel, je me sens mieux…

Bonne nuit,