“…Qui t’a rendu si vain
Toi qu’on ne vit jamais les armes à la main ?” (Corneille)
Bon, notre cher Martial a les jetons de se mettre en l’air sans secours, cela peut se comprendre et on ne peut pas lui en vouloir, mais emporte-t-il un parachute quand il prend l’avion, ou une bouée quand il passe un pont ?
Le parachute de secours est d’un usage rarissime en parapente, je connais pas mal d’excellents pilotes qui volent depuis plus de 25 ans et qui ne s’en sont jamais servi.
On ne doit pas se sentir bien quand le secours s’ouvre sans qu’on l’ait demandé (cela arrive) parce qu’on atterrit n’importe où et pas forcément dans un lac avec un bateau à côté… un peu comme un airbag de voiture qui se gonflerait, chagrin pour conduire et crash prévisible.
Un parachute de secours n’est pas pilotable (sauf le Rogallo), ce n’est qu’un frein aérodynamique qui évite de s’écraser au sol avec une vitesse excessive, bref on a une chance de s’en tirer mais pas forcément indemne.
Il vaut mieux piloter proprement, bien concentré mais détendu, dans une aérologie qu’on sait gérer, en évitant les grappes de furieux qui tournent comme des malades autour d’un déco sans pouvoir s’extraire, parce que la probabilité n’est pas nulle qu’il y ait là-dedans un gugusse qui ne respecte pas les priorités ni les distances.
Le principal risque qui justifie l’emport d’un secours, c’est la collision en vol sur un site très fréquenté.
J’ai volé un an sans secours et j’ai dû en acheter un pour pouvoir participer à une épreuve avec décollage sur site. Tous les concurrents sont partis sans secours pour le parcours VTT puis la montée au déco montagne, ont volé sans secours, puis patiné et n’ont pris les secours que pour le vol final avec décollage sur site.
Le secours est monté en ventral sur ma sellette / site, cela ne me dérange pas parce qu’il n’y a pas de longs temps de portage. Quand je fais un vol montagne, le secours reste à la maison.
Je pense que beaucoup de pilotes ressentent comme moi un sentiment de fragilité un peu plus grand que d’habitude sans secours, et volent avec encore plus de concentration.
On met un casque pour descendre un col en vélo (pas pour monter) pour avoir une chance de ne pas se tuer en cas de gamelle mais qui aurait l’idée de mettre un casque, un cuir et des bottes de moto ? Et pourtant cela va vite, très vite !.. Il faut seulement piloter proprement et ne pas tomber.
Idem en parapente.
Idem en delta.
Avec un ULM c’est encore plus net : on est sanglé comme dans une voiture de rallye et on ne pourrait pas sauter en parachute en cas de problème, il faut piloter.
Cela dit les écoles équipent les sellettes de leurs élèves d’un secours, et s’il y a un cadre dans lequel il est inutile c’est bien celui-là ! Mais c’est une question d’assurances et de réglementation.
Question pour taquiner Martial : l’exigence affirmée d’acquérir un secours ne serait-elle pas un prétexte pour rester au sol ?