karma+
Je rejoins tout le monde sur ton analyse, ta franchise et ta décision.
L’année dernière, durant le SIV que j’ai fait (pour la première fois), l’un de mes compères a tellement aprécié le premier 3.6 face planète qu’il s’en est immédiatement aller poser pour rendre son petit dèj et ranger sa voile, tandis qu’un autre n’a pas continué, vidé par la manoeuvre.
L’un n’en refera plus et pour l’autre, c’était son second mais dernier je crois. Il s’est orienté sur des stages perfectionnement et cross.
Pour ma part, en 2 jours, je n’ai réussi qu’à faire des tempos (à peu près correctes et pas assez amplifiées), des sorties dissipées/dynamiques et quelques fermetures.
Je m’y prenais mal pour les tempos car je regardais tout le temps le lac et pas l’horizon. Plus je regardais plus j’avais peur. Cette impression de balancement avec l’idée que la voile se mette tout à coup à piquer dans le lac sans reprendre son vol m’empêchait d’aller plus loin, plus fort dans la manoeuvre. J’avais envie mais mon cerveau n’arrivait pas à commander mes mains. J’étais trop sous l’emprise de la peur.
Il faut quand même avouer que ça m’a bien servit car ça faisait très longtemps que je n’avais pas revu tout ça avec les bonnes techniques.
Conscient de mon manque de technique, j’ai quand même resigné pour cette année.
Pour le coup, je me suis forcé à ne jamais regarder le sol (sauf pour aller poser
), les tempos étaient nickel et bien amples. En regardant un point fixe sur l’horizon, je n’avais plus peur. Je commençais à prendre du plaisir et à mettre plus d’amplitude. Tout me semblait vachement moins impressionnant, car finalement je ne perdait que peu d’altitude.
Mes fermetures, piouff, j’aurais pas pensé qu’on pouvait voler et tenir son cap avec si peu de voilure !
Et pour les 3.6, ne surtout pas décoller son regard du bout d’aile, ça aide pas mal. Je me suis même laissé aller à la SAT mais sur 1 tour (en fait, c’était involontaire, j’avais remis de la commande en face planète et c’est parti tout seul).
J’ai aimé la sensation, mais en même temps, je pense que j’ai du ressentir un peu de peur parce que là je me suis déconnecté du monde des vivants, j’ai appliqué bêtement la méthode, voir machinalement et c’est revenu. Je n’ai même pas entendu ce qu’on me disait à la radio jusqu’au retour en vol stable
Le mono, m’a proposé de passer à l’étape suivante, mais j’ai refusé, je ne me sentais pas apte à aller plus loin. La peur surement. J’ai préféré bosser mes acquis du week end jusqu’à la perfection.
Donc pour résumer, j’ai été mal à l’aise lors de mon premier SIV, et après auto analyse je sais pourquoi.
J’ai eu peur des manoeuvres, que je trouvais super engagées, mais qui ne l’étaient pas tant que ça après retour vidéo.
Je crains encore certaines manoeuvres, parce que je ne les ai encore jamais abordé, mais j’ai appris beacoup sur moi, mon matériel et surtout que je surpilotais trop. Je ne laissais pas vivre mon aile.
Maintenant je suis plus serein en vol, mais je reste vigilant tout de même.
Après, tout le monde est différent et ressent les choses de manière très personnelle et individuelle. Certains acceptent “d’envoyer du gros”, alors que d’autres ne surportent pas tout simplement parce que leur corps n’arrive pas à encaisser ou gérer les censations éprouvées/ressenties (force centrifuge, balancement, impression visuelle …).
Pour moi, j’y trouve mon compte, j’aime ça, je progresse à mon rythme et j’y retournerais tout les ans. Mais ça en regarde que moi. 
Ce n’est pas parce qu’on a pas fait de SIV qu’on ne saura pas gérer ou même voler longtemps et loin. Je rejoint Parapente Samoëns sur le fait qu’il existe d’autres manières d’aborder le pilotage.