C’est sûr que pour arriver au même ressenti on n’a pas pris le même chemin suivant les deux cas:
Frontale:
- Point de départ: trop faible incidence
- Conséquence: le bord d’attaque s’affaisse avec plus ou moins d’amplitude, cela provoque un frein aérodynamique et conduit à une bascule arrière à cause de l’inertie du pilote.
- Pour éviter l’incident: une bonne tempo pour augmenter l’incidence ou relâcher l’accéléro pour ceux qui l’utilisent de manière active.
- Sortie de l’incident: par effet pendulaire le pilote reviendra sous sa voile (ouverte ou encore fermée) et avec la remise en vol il faut s’apprêter à temporiser le mouvement à piquer.
Décrochage:
- Point de départ: trop forte incidence
- Conséquence: les filets d’air ne collent plus au profil, ils décrochent. La voile n’a plus de vitesse cela conduit à une bascule arrière à cause de l’inertie du pilote.
- Pour éviter l’incident: lorsque la vitesse-air devient trop faible il faut relever les mains AVANT de décrocher, voire même donner un coup d’accéléro pour ceux qui l’utilisent de manière active. Si le décro est en cours et bien c’est l’inverse: attendre le retour pendulaire avant de relever les mains. Le timing est donc primordial, la mauvaise action au mauvais moment peut empirer la situation déjà pas agréable.
- Sortie de l’incident: par effet pendulaire, le pilote reviendra sous sa voile (c’est le moment pour relever les mains, pas avant) et avec la remise en vol il faut s’apprêter à tempo le mouvement à piquer.
Dans les 2 cas, la voile perd sa vitesse et le pilote poursuit sur sa trajectoire par inertie. Le freinage est produit par le bord d’attaque dans le premier cas, par le bord de fuite surfreiné dans l’autre. Cela peu aussi avoir d’autres causes: rafales de vent (par l’avant, l’arrière, dessus… bref de la turbulence).
La prévention de ces deux incidents sont à gérer de manières totalement opposées.
Suite à l’incident, pour éviter le surincident, la gestion de la sortie est assez similaire: retour pendulaire sous la voile, temporiser l’abattée de la reprise de vitesse de l’aile. Attention, cette action doit diminuer l’amplitude de l’abattée pour éviter un autre sketch mais la voile en a besoin pour revoler. L’action peut être profonde mais brève sinon c’est le décro dynamique qui guette.
Anedocte perso: en 1992 ou 1993, je me suis pris une frontale bien sévère et heureusement assez symétrique. Pratiquement sur la moitié de la corde le bord d’attaque s’est affaissé pour venir se coller contre la ligne des C (sur une 4 lignes de l’époque). La bascule arrière a été maousse et immédiate. J’ai vraiment eu la sensation de me retrouver à l’horizontale. Le retour pendulaire a été amorti par la voile encore collée aux C puis une réouverture qui a bien claqué. C’était un temps où le parachute n’était pas répandu (chez nous en tous cas, en Allemagne c’était déjà plus dans les mœurs), où la protection dorsale était rigide avec 2cm de mousse, où les stages SIV n’existaient même pas en rêves, et où je me croyais en sécurité sous une voile ayant obtenu beaucoup de “A” aux tests Afnor.
:bu: