En adéquation avec les “les sur-confiants” et les “va t’en guerre”, je vous invite à relire le texte ci-dessous. A la lecture des messages ci-dessus, j’ai retrouvé pas mal des comportements à risques listés dessous…
Et si l’on prend un conseil, un jugement comme une agression, il y a de fortes chances que l’on soit déjà bien engagé dans ces comportement typiques à risques.
Alors certes, je suis un piou-piou en parapente, je n’ai pas le jugement d’un pro avec 20 ans d’expériences mais avec 15ans de pratiques de sports engagés et d’activité de formateur pour certains d’entre eux, je suis bien en accord avec les écrits de Surfair et Parapente Samoens. Ce que je vois dans des posts et des récits de vols fait hurler mon radar “comportements à risques”.
Quand je lis que l’on néglige de faire le plein sur une traversée critique car les autres (meilleurs pilotes et meilleur matériel) sont loin devant. Je n’y voit pas qqu’un qui vole bien mais qqu’un qui n’est pas capable de voler et d’assumer son vol seul (items 2 et 3 dessous: syndrome du Lyon et positionnement social).
Il faut réfléchir sur les motivations réelles lors de nos prises de décision.
C’est là que se trouve la sécurité à mon sens. Car ces motivations liées à des comportements-types nous concernent tous, à tous niveau de pratique et dans tous les sports. Quand on se rend compte que l’on est entré dans un certain schéma de comportement, l’identifier puis se forcer à ré-analyser la situation nous évite bien des problèmes.
Alors oui, cela demande une discipline, ce n’est pas drôle de voir filer les copain au-dessus alors que l’on fait un méga point bas. Mais plutôt que de laisser se tendre un élastique mental avec le groupe qui file au loin, il faut s’occuper sereinement de son vol pour sortir de cette falaise dans du +0.2…
Amusez-vous à revenir sur un beau vol, un long cross que vous avez fait avec la grille de lecture ci-dessous. Il faut une certaine honnêteté intellectuelle car ce que l’on y découvre est pas forcément glorieux mais cela permet de progresser.
Facteurs humains
Quand on analyse les causes des accidents, on arrive dans la plupart des cas à identifier une prise de décision erronée. (erreur humaine).
Analyse de 14 comportements venant perturber les étapes du processus de prise de décision.
Comportements-type
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L’habitude – la routine
Le fait d’être dans une situation familière fait que l’on se raccroche à une analyse passée et détourne l’analyse correcte de la situation présente.
L’habitude semble annuler les bénéfices de l’apprentissage
Le processus échappe totalement ou partiellement au contrôle de l’attention (machinal)
Sentiment d’invulnérabilité : « 30 ans de métier (de pratique) nous mettent à l’abri du danger »
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L’obstination
Le fait de prendre des décisions cohérentes avec une décision initiale (qui peut être correcte) sans tenir compte des nouvelles informations pertinentes qui apparaissent.
Syndrome du Lion : l’objectif à tout prix
Syndrome de la Vache : le retour à tout prix, même si le risque augmente
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Le désir de séduction – le positionnement social
S’engager dans une activité dont on pense qu’elle nous fera remarquer ou accepter par des personnes que l’on aime ou que l’on respecte, ou par des personnes dont on aimerait bien être aimé ou respecté.
Conduite « à risques » des ados
Les hommes en présence de femmes
Les groupes ayant une sensation d’avoir un bon niveau prennent plus de risques après avoir rencontré un autre groupe.
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L’aura de l’expert (comportement autocratique)
Quand il y a un leader identifié (formel ou informel), ses décisions seront peu remises en cause par le reste du groupe, même si leur intuition leur dit le contraire.
Un groupe où les décisions sont prises de manière consensuelle s ‘exposera moins.
Avantage d’être à 2 encadrants (et rester « à l’écoute » du groupe)
Pb inverse : Si une décision de prudence est prise, mais non justifiable techniquement (mais par l’expérience ou l’intuition), comment faire face aux frustrations/déceptions engendrées dans le groupe ?
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La sensation de rareté
« La fièvre de la poudre » : tracer plus loin au mépris du danger (Ex : Chamonix ou Les Arcs après une chute de neige)
Attribuer une valeur à une opportunité, d’autant plus grande qu’on risque de la perdre.
Variante : obstination due à la rareté des sorties possibles :
Eclaircie pendant une période globalement perturbée
Faible disponibilité des participants
Volonté de « rentabiliser » la sortie
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Sur-confiance
La confiance en soi augmente avec l’impression de maîtriser le sujet.
D’autant plus que le retour associé à une prise de risque est extrêmement positif lorsque le risque ne se réalise pas.
Mauvaise capacité à tirer des enseignements des expériences passées.
Impression d’avoir un haut niveau de contrôle de la situation.
Savoir erroné (idées reçues).
Le risque est sous-évalué et sous-estimé.
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Erreur de représentation
Le risque géré n’est pas le risque prépondérant : mauvaise hiérarchisation des risques.
On n’est pas dans « le bon film ».
Erreur résistante à la détection : on est persuadé de faire correctement son travail.
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Laisser-faire
Le souci de plaire de l’encadrant entraîne une augmentation de l’acceptation du risque, ainsi qu’un relâchement dans la prescription et le suivi de l’application des consignes.
Encadrant avec faible leadership, ou faiblement reconnu. (faible crédibilité).
Groupe sans leader formellement identifié, surtout si les participants sont de bon niveau.
Décontraction excessive à l’issue d’une phase intense.
Minimisation des erreurs commises.
Attention aux mises en situation d’encadrement de chefs de course en cours de formation : la plus grande vigilance s’impose.
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Indécision
Tendance à repousser les prises de décision importantes.
Mauvaise identification ou ignorance des endroits clefs de prise de décision.
Tendance à privilégier les décisions qui entraîne un faible engagement ou qui semblent réversibles.
Incapacité à s’adapter ou à renoncer.
La cause est souvent une analyse incomplète et/ou floue.
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Oubli du court terme (Sur-anticipation)
La stratégie prend le pas sur la tactique.
Obnubilé par un point clef de l’itinéraire ou par un risque probable, on en oublie la gestion de l’instant présent.
Oubli ou négligence des actions en cours.
Si ce qui a été anticipé ne se produit pas, on se retrouve avec un projet d’action inadapté et sans aucune bonne réponse prête.
Attention aux situations hautement routinières.
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Oubli du long terme (Sous-anticipation)
La tactique fait oublier la stratégie, ou absence de stratégie.
La gestion du risque à l’instant fait oublier la gestion globale de la sortie, risque de grosse surprise.
Leader plongé dans ses instruments.
Préparation sommaire ou absence de préparation de la course
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Recherche de risques
Il n’y a pas de plaisir de réussite sans risque d’échec. Certaines personnalités ont un tel besoin de consolider leur image interne qu’ils recherchent les situations de risque interne élevé (en limite de savoir-faire).
Tendance à privilégier les solutions à engagement fort, à privilégier les hypothèses ou analyses optimistes.
Veut toujours « aller voir »
A beaucoup d’anecdotes de situations limites.
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Recherche des marges
Quand tout se passe bien, on n’a pas connaissance du niveau de marges que l’on avait.
Tendance à rechercher des situations de plus en plus « limites » pour vérifier que l’on a toujours une analyse pertinente, associée à une sensation de haut niveau de contrôle.
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Surcharge cognitive
Leader débordé par la complexité d’une situation.
Insuffisance de l’anticipation.
Non prise en compte d’éléments importants.
Prises de décisions impulsives, sans analyse raisonnée.
Oublis nombreux.
Comportement favorisé par un état de fatigue.