Bon, et bien cela risque d’être long, mais si vous voulez vraiment savoir qui se cache derrière… :canape:
Gamin c’était les documentaires sur les pionniers de l’aviation : des vrais aventuriers avec de belles moustaches, mais comme tous les aventuriers dans tous les domaines. Voler, je n’y pense même pas : j’ai le vertige, et puis c’est trop cher et trop compliqué.
Mes loisirs tournent autour de tout ce qui est voyage et découverte du monde, de l’aventure…. Au hasard d’un raid auto-moto TT en 85, on fait un baptême de l’air en ULM et j’ai pas le vertige ?!..
J’ai même un pote avec qui je fais de la plongée et de la moto qui combine moto et paramoteur : Le Tug, il est allé voler jusqu’au lac Baïkal avec une Ténéré équipée d’une petite remorque faite maison pour emporter son paramoteur. Ça doit être sympa, mais moi je préfère les pays chauds et le désert.
Les années passent, je continue les voyages en moto puis en 4x4, la montagne, la plongée, le désert… avec les enfants, tout doit se pratiquer en famille maintenant.
Lors de mes vacances d’hiver à Valfréjus, je vois bien des deltas, puis des parapentes-biplace posés en haut du télécabine. Mais les baptêmes sont cher pour mon budget, ils ne volent pas souvent…. Et puis les autres membres de la famille ne sont pas tentés et comme on fait tout en famille……
De temps à autres lors de mes voyages en montagne, il m’arrive de voir des parapentes, vus d’en bas ils arrivent de je ne sais ou, et tombent en tournoyant comme dans une lessiveuse. Je n’aimerais pas être centrifugé comme ça. Mais d’où viennent-ils ?
Le baptême de l’air en ULM m’avait laissé de bons souvenirs, en 93 j’ai l’idée de combiner cela avec un voyage 4x4 dans l’extrême sud algérien : emmener des ULM dans le Sahara. Je t’emmène et tu me fais voler là bas pour voir le paysage vu du haut… Avorté : problèmes d’autorisations, et des engins trop fragiles en encombrant à déplacer durant sur les pistes sahariennes.
Les voyages dans le désert s’accumulent, et j’ai de plus en plus envie de prendre de l’altitude pour admirer le paysage.
Au détour d’une ballade en montagne, je remarque un parapentiste tient « sur place » à quelques mètres du col dans la redescente de la cime de la Bonnette.
A Valfréjus, il y a maintenant des types en ski avec des espèces parapentes qui tiennent en l’air au dessus du départ de la piste noir à l’Arrondaz malgré le temps de chien , puis qui planent au dessus des bosses, ça a l’air cool.
Fin mars 2010, le voyage en Libye prévu de longue date tombe à l’eau 15 jours avant de partir : le colonel Kadafi fait un caprice, tous les visas sont suspendus. Ma femme retourne bosser, comme elle vient juste de changer de boite, et les potes se sont trouvé d’autres choses à faire. De mon coté j’ai vraiment les boules et pas envie de rester là à la maison m’emmerder tout seul.
J’irais bien plonger 2 semaines en Mer Rouge, pour me faire plaisir… mais les bons plans sont déjà tous complets …ça me boufferais le gros du budget vacances de la famille … et puis je n’ai pas envie de partir seul, et comme ça ne dit rien à ma fille de venir juste pour me regarder…
Qu’est-ce que je pourrais faire dans le coin ? Un truc juste pour moi ! Même si ça n’intéresse pas les autres, m’en fou, puisqu’ils me laissent seul. C’est l’occasion. Pourquoi ne pas essayer le parapente… un stage initiation pour voir, ça me laissera le temps de tester calmement…
Moustier, les gorges du Verdon c’est joli, pas trop loin, et puis ça occupera toujours ces deux semaines de ces vacances mal barrées.
Première journée, la montée à pied jusqu’à Courchon par la voie romaine avant le baptême de bi… pfff lessivé. Bon sang ce que c’est gros et lourd ce barda ! Rien que la sellette avec mousse bag et le secours, c’est une enclume…. Et encore je n’ai pas porté la voile biplace !
C’est sur, avant même le premier vol, un truc physique comme ça c’est plus de mon âge, pas pour moi.
On m’harnache, j’ai la trouille, je suis bien stressé, je ne cours pas asses, Je gène le moniteur au lieu de l’aider, j’ai le sentiment de me faire trainer comme un sac de patates, mes pattes sont trop courtes, elles ne touchent plus le sol, je suis agrippé aux élévateurs… mais en revanche pas le vertige.
Quelques exercices de roulis – tangage… « Toi le BE, t’arrêtes ça de suite ! Moi, je veux rester assis bien droit, interdiction de faire bouger le bouzin, compris ! »
Une fois posé…. Ben ce n’était pas si terrible, en tous cas pas trop violent ni physique.
S’en suivent les gonflages… crevant, la brise qui ne veut pas venir comme il faudrait, ou trop forte. Au moment de remonter pour le vol du soir… je jette l’éponge : je suis debout depuis 5h du mat et trop crevé. Et puis moi je suis du matin pas du soir, c’est quoi ces journées ou on ne bouffe pas à l’heure et ou on glande entre 3 et 5 h !
Sympa mais pas plus emballé que ça.
Deuxième journée : un plouf bi-péda du matin, moins d’appréhension, je prends un peu les commandes et profite plus du paysage. « Mais toi le BE tu fais pas chier avec tes exercices de tangage ! Je t’ai déjà dis que j’aime pas ! »
Et puis on recommence la pente école horizontale : Re-gonflage, toujours crevant de tracter la voile…. Et par surprise un décollage seul involontaire de 3m de haut et 15m de long sur cette pente école horizontale ! Diable ! Surprenant et agréable cette sensation durant quelques secondes. Je continue les gonflages. Quand la brise forcit, comme je sue sang et eau, sans doute de peur que je finisse par m’écrouler avec un arrêt cardiaque, le BE compatissant m’échange la Mojo3 contre une Spiruline plus petite et moins lourde. C’est tout de même moins crevant, plus facile, presque marrant avec ça !
Ce jour là je suis arrivé plus tard et j’ai moins forcé pour garder un peu de forme pour rester plus tard et faire le bi du soir : il parait que c’est le meilleur qu’ils disent. C’est que j’ai 2 heures de route pour rentrer après, parce que la météo fait que je n’arriverais pratiquement pas à enchainer 2 journées complètes de suite.
17h00 : Remontée à Courchon en 4x4 cette fois. Pendant que le BE fait faire des baptêmes je regarde les anciens qui papottent au déco, on les croirait le soir à jouer aux boules sur la place du village vant de prendre le pastis. Ils finissent par se mettre en l’air et tiennent ! Je ne savais même pas que c’étais possible. Ils n’ont pourtant rien de warriors en apparence, et visiblement ils se font plaisir en l’air…
Vient mon tour. 1h15 de vol avant de reposer au déco, soit zéro perte d’altitude pour 75 minutes de ballade, les gorges du Verdon, le lac de Ste croix, Canjuers, et retour dont une partie en doubles commandes ! Je ne pensais même pas que ce soit possible. C’était bô, c’était grand, c’était froid, mais c’était top cool.
Ça y est je sais : c’est ça que je veux !… Je veux pouvoir faire ça, le soir dans le désert lorsque le soleil se couche. Profiter du paysage, de l’immensité vu d’en haut, du calme, de la lumière au soleil couchant sur les montagnes et les dunes.
C’est complément idéal à tous les outils et pratiques que j’ai déjà pour découvrir le monde : motos, 4x4, bateau, plongée,…
Encore 1 journées et demi de gonflages et de bi-péda avant que je me sente suffisamment sur de moi pour oser me lancer seul … enfin guidé par radio, mais seul ma voile. Toute la nuit précédente j’en ai rêvé, j’ai simulé 100 fois dans ma tête le gonflage, la course la prise en charge, s’assoir dans la sellette, le cap, la prise de terrain, la grande boucle pour perdre de l’altitude, les bras haut, le freinage progressif, le posé….
Le lendemain matin, je suis chaud bouillant… mais le vent n’est pas tout à fait comme prévu et la prise de terrain se fera dans l’autre sens et…. Tout ce passe nickel comme dans un rêve, trop bon !
A partir de là l’obsession commence : je n’ai plus en tête que de convaincre mon épouse qu’il me faut absolument ACHETER MON MATOS (et donc de m’allouer le budget) avant de partir en vacances, et que je dois continuer impérativement à voler.
Début juillet, le feu n’est plus tout à fait rouge de la part de ma comptable personnelle. Alors aussi sec définition de ce que je veux faire comme type de vol, ou et comment, et discussion avec le BE du matos approprié : une grande mini-voile très accessible et sécurisante semble le mieux adapté au programme et avec une sellette cuissarde, en plus elle rentre dans le budget.
- Ok pour te les vendre, mais tu ne les auras pas avant d’avoir été formé pour ça ! Et seulement si je suis certain que tu ne sauras l’utilisée en sécurité. Mais la formation est comprise dans le prix.
- Ok pour le tarif, mais les vacances c’est dans 3 semaines !.. Bon ben j’ai plus qu’a me trouver des créneaux, prendre des journées de RTT en semaine, me trouver du temps.
Et depuis, …. Vous voyez à quoi j’en suis réduit : un drogué en manque permanent. A mon âge, un père de famille, moi qui n’ai jamais fumé, est-ce bien raisonnable ?
:ppte: