.Parapente et Facteurs Humains .

[quote]en vol du matin, plouf ou vol rando, je n’ai que très peu de but … Mais si tu commences à chercher les journées fumantes où ça crosse (essaye les grosses journées vers 12h00 à St Hil), tu optimises tes chances de rester au déco.

Comme il y a des gens à freiner pour éviter la cata, Il faut aussi savoir qu’il y a des gens (dont je fais peut être partie) qu’il faut pousser. Peut être que c’est pour cela que certains insistent en disant “mais si tu peux y aller”
[/quote]
Je vais souvent aux “grosses journées” vers 12h00 a Saint Hilaire en début de saison, car souvent j’accompagne les copains de mon petit club qui cherchent à faire 100 bornes, et moi je tente déjà de sortir du bocal. Ca me permet de profiter de la navette !

Je trouve que l’ambiance est particulière, c’est sur, mais globalement assez sympa… On voit de tout, des excellents pilotes très humble, mais aussi des kékés qui font les malins pour impressionner des gonzesses. C’est comme partout. Jamais vu de mecs qui te font la leçon ou qui au contraire cherche à te foutre la pression.

Après, si il n’y a pas de vent météo ou très peu, c’est parfois tonique, mais j’ai jamais vu des conditions atomiques qui empêchent de décoller. J’ai vu d’autres sites bien plus malsain que Saint Hil au printemps !

Je crois qu’il faut clairement s’abstenir de vouloir donner des conseils aux autres sur ce qu’ils doivent faire, sauf dans un cas bien précis.
Ce cas bien précis, c’est quand tu connais bien un site, que tu sais parfaitement que ce jour la, c’est malsain voir dangereux, et que tu vois des pilotes, soit peu chevronnés en aérologie, soit qui ne connaissent pas la spécificité d’un site qui veulent s’élancer. La il faut tout faire pour dissuader les gens.
C’est parfois peine perdue

Bonjour,

J’ai une autre expérience, absolument ahurissante, sur le même site que j’évoquais (Pic des Mouches à Sainte Victoire), mais qui cette fois-là s’est bien terminée.
Je trouve au parking 3 pilotes : le père, le fils (16 ans) et le frère du père : ils ne connaissent pas le site, ni le chemin de montée et je les accompagne au décollage.
Le vent est sain, mais soutenu (20 km/h établi, 25 dans les rafales, mais bien de face).
Pour un bon pilote cela peut parfaitement décoller…

J’apprends que le fils (16 ans) sort d’un stage d’initiation; il a en tout réalisé 6 grands vols, tous encadrés par radio avec moniteur et aucun vol en autonomie seul.
Il signale à son père qu’il n’a jamais volé avec un vent soutenu et qu’il ne se sent pas capable de voler dans ces conditions.
Aucun des 3 n’a de radio.

Et j’hallucine en entendant le père engueuler le fils : “je ne t’ai pas payé un stage, puis une voile d’occasion pour que tu te dégonfles ainsi” ; “quand on a 16 ans et qu’on est un homme on assume et on montre qu’on a des tripes…” (véridique !).
Et je vois le gamin hésiter à sortir sa voile sous l’injonction de son père.

Nous sommes juste tous les 4 au déco.
D’habitude je ne me mêle pas de ce qui ne me regarde pas, mais là je suis intervenu en engueulant sèchement le père : “votre fils n’a que 6 vols, dès qu’il aura décollé il sera seul en l’air pour gérer son vol, il ne connaît pas le site, votre attitude est tout simplement irresponsable…”.
Je leur explique que la meilleure chose à faire est d’attendre la fin d’après-midi que le vent baisse et que le vol soit éventuellement possible en sécurité.
On attend 1 heure là-haut et comme je l’avais prévu le vent tombe à 10 km/h, régulier et toujours de face.
Je vais voir le jeune et je lui demande comment il sent les choses : la fin d’après-midi approche et il faut se décider soit à voler, soit à descendre à pied.
Il me dit qu’avec ce vent faible il n’y a aucun problème et qu’il souhaite voler.
Je lui donne quelques conseils sur le plan de vol et sur l’atterro.
J’envoie son père en fusible pour qu’il ne “pollue” pas le décollage de son fils.
J’aide au décollage le fils (déco nickel), puis l’oncle.
Je ferme le vol et les retrouve tous les 3 en bas, tous ravis de leur vol.

Comment se sera comporté le père de ce garçon sur d’autres décollages ?
Il transférait sur son fils ses propres attentes, mais de là à l’injurier car il ne voulait pas décoller alors qu’il était mort de trouille…

Il faut l’avoir vécu pour le croire.
Déjà qu’il est irresponsable de pousser un pilote à décoller alors qu’il ne le souhaite pas, mais son propre fils de 16 ans avec 6 vols encadrés au compteur par 25 km/h de vent ??? :grrr: :grrr: :grrr:

Je n’ai absolument rien inventé.

A+ Marc Lassalle

Dans ma grille des facteurs humains on a la la catégorie
symbole phallique. T en a une gosse , mon fils ( comme ton père en sous jacent)

J’ai vu un peu la même il y a quelques années au déco sud de Laragne, genre 14h belle journée, un gamin de 15 ou 16 ans qui décolle sous le regard de papa, qui se fait bien brasser en tirant tout droit , traversant tout ce qu’il rencontre, thermiques, turbulences… pour aller poser à l’atterro du bas… ça nous as pas mal surpris comme plan de vol et on a demandé au papa combien de vols avait son gamin, réponse une dizaine…
Le gars envoyait son gamin avec 10 vols dans l’aérologie du versant sud de Laragne à 14h!

Incroyable cette histoire Marc ! (et l’histoire de Piment, pas mal aussi dans le genre…)

Bon en tout cas, ça veut dire que j’ai croisé pour le moment que des gens à peu près sain d’esprit sur le déco !
Quoique sain d’esprit, j’ai bien vu un espèce d’acrobate à Brunas (site à soaring de Millau) s’enquiller bière sur bière et vol sur vol… ROTFL

Enfin, je dis ça, mais il m’arrive aussi de mette des fois sans le vouloir la pression à ma copine, notamment sur les vols randos. Elle traine toujours un peu à se préparer et ne comprend pas qu’il vaut souvent être rapide car les conditions évoluent parfois vite. Dès fois à 10 minutes près, c’est plus décollable…
Mais normalement je devrais la laisser gérer sans lui foutre la pression…

Pas tjs simple !

L’exemple de Patrick Samoens m’en rappel un autre : il y a quelques semaines je recroise une connaissance “aixoise” pas vue depuis plusieurs mois, en plus d’être un type sympa toujours prêt à bien conseiller dans le sens de la sécu, c’est un parapentiste et deltiste expérimenté. Mais là, il est juste à pieds avec un bâton de randonneur et un bras dans le sac.

Alors naturellement je le salue et en montant on discute de ce qui lui est arrivé. Pour faire court, sa conclusion est : “c’était un peu fort surtout bien pourri, on étaient plusieurs, j’ai hésité, et puis un autre à décollé alors moi aussi. Si j’avais été seul, je n’aurais même pas sorti le matos. Même conclusion pour les autre collègues présents ce jour là quand je les aient appelés au tel après. Seuls, ils n’auraient pas décollés”.

Il est vrai aussi (pour rebondir sur l’exemple de Marc ), que parfois en toute bonne foi, on peu s’entendre dire à un “moins expérimenté ou sur de lui” : “Là c’est bon, tu peux y aller”, parce qu’à NOS yeux, et NOTRE niveau d’expérience pratique et du site, avec notre matériel, cela nous semble volable “sans risque”,… et cela en oubliant que celui à qui l’on donne ces conseils n’a pas le même niveau de connaissance et d’expérience,… et peut-être et surtout, il est dans un contexte psychologique totalement différent du notre et de ses habitudes. Ce qui peut l’amener à perdre ses moyens lors du gonflage ou en vol si quoi que ce soit le surprend.

On a tous vu un gars qui d’habitude gonfle et vol bien dans du moyen/fort, se faire arracher un jour relativement calme parce qu’il était plus tendu ou moins en forme que les autres ce jour là,… et que comme tout le monde partait sans trop de souci…

Ce gars là, ça m’est aussi arrivé de l’être, parce que j’ai peur de me faire secouer et que j’ai le sentiment de ne pas/peu progresser, ou du mois, moins vite que les autres, et quand parfois les copains te disent sans la moindre arrière pensée négative : ici pour tenir, il faut aller à cet endroit dans la combe, ça secoue mais c’est là que ça monte, rester plus prés du cailloux, c’est normal que ça bouge un peu, c’est le thermique, regardes j’y vais et ça le fait… et bien je me fais violence pour aller y voir et tester, c’est comme ça qu’on progresse. Certains jours je le fais de manière détendue, et ça marche … ou pas. Et puis d’autres je suis complètement coincé, à la ramasse. Et là, je me dis, que j’aurais pas du.

Est-ce qu’un jour je ne me ferais pas trop violence pour finir ensuite complètement coincé ou en panique ?.. C’est un risque que j’aimerais bien éviter.

Est ce que tu prends plaisir à te faire violence ?
Est ce pour ton ego que tu as besoin de faire mieux ou aussi bien que les autres ?
Penses tu que quand tu auras “osé” prendre ce risque et réussi, tu auras pourtant progressé ?

Ce sont les questions que je me suis posées et que je me pose encore.

à la première question j’ai répondu facilement non , le stress n’est pas mon moteur (trop vieux ?)
à la deuxième je peux mettre facilement mon égo de coté , donc pas de souci .
à la troisième j’ai répondu par chercher à optimiser au mieux un endroit que j’avais choisi , moins haut, moins loin que les autres mais tout aussi formateur et motivant.

merci pour ton témoignage :wink:

Clairement (pour moi au moins) il y a une part de plaisir (narcissique?) dans le challenge. C’est en grande partie pour ça qu’on entreprend des choses pas naturelles comme de quitter le sol suspendu à un bout de chiffon et quelques ficelles.
Une part de la satisfaction vient de ma capacité à entreprendre progressivement des choses de plus en plus difficiles, et à les maîtriser à peu près.

Alors oui, un peu à chaque fois, je me “force” un peu à aller au delà de ma zone de complet confort. Je connais ce sentiment, je reconnais cette émotion, j’accepte ce besoin que j’ai.

La difficulté est de trouver le juste équilibre, la légère “prise de risque”, “mise en danger” volontaire, qui me permet de progresser et d’en tirer grande satisfaction, versus une audace incontrôlée qui pour le coup me ferait prendre des risques démesurés, basculer dans la peur (désagréable) et le danger (très désagréable).

Le challenge qui fait partie intégrante de la progression peut être de faire aussi bien que les copains sans choisir la facilité qui consiste à se mettre au fond de la combe pour trouver la pompe à coui…

Le mauvais pilote c’est celui qui fait le fond de grappe avec des faibles marges.
Le pilote moyen c’est celui qui est en haut de grappe avec des faibles marges.
Le bon pilote c’est celui qui est en haut de grappe avec des marges confortables.