Poignant...

Est-ce “La gloire” qui motivait ce kayakiste ?

Qu’une aide leur soit apportée après le drame c’est tout à fait normal et humain. Au même titre qu’une femme “lambda” qui a perdu son mari “lambda” (par exemple par chez nous ça existe hein, à travers la sécu, les assurances, …).

Par contre je trouve malsain d’exploiter la disparition de quelqu’un à d’autres fins que d’en faire bénéficier (au sens large) les générations futures (j’inclus par exemple le rêve dans les bénéfices potentiels).
Et là, je trouve que le début du documentaire rentre pile poil dans le cas “malsain” : il joue sur la peur et la mort pour accrocher le spectateur.

Je pense que certains cherchent trop là où il n’y a rien a chercher …
Enfin ça me surprend pas, beaucoup de donneurs de leçons, comme d’ hab :? + flood
C’est tous ces tas de choses qui font que ça me donne de moins en moins envie de se connecter et de poster.
Je pense ne pas être le seul, enfin…

Pas vraiment la gloire mais l’idée d’être le premier à faire le truc l’intéressait quand même, c’est normal. Mais c’est pas la question, je réagissais juste à ce que tu écrivais sur le sensationnalisme. Pour moi elle a fait ça en hommage à son mari, et je trouve rien à lui reprocher pour ça.

Pas plus à mon avis que tous les bouquins d’alpinistes qui retracent certaines de leurs expériences. Pour en revenir à Lafaille, tu pourrais faire les mêmes reproches à son bouquin sur l’Anapurna avec la disparition de Béghin et toutes les difficultés qui ont suivi pendant la descente. Et pourtant c’est à mon avis un grand livre de montagne. Parler d’une aventure extrême sans aborder la peur et la mort, ça n’a pas beaucoup de sens.

Perso ce que je remarques c’est que ceux qui font le plus de leçons de morale sont ceux qui dénoncent les autres faisant des leçons de morale… :clown:
D’ailleurs C trop injuste moa zeu lé pô vu le film :frowning: pis ca m’aurait bien interessé vu que je fais du kayak…

Ah… ben ça me chagrine ce que tu dis là (pis c’est le coup de l’arroseur arrosé entre nous).

Je donne mon avis sur ce reportage. Comme d’autres.
Tu as donné le tien : tu aimes, tu l’as fait partager, très bien, respect.
Je donne le mien : je n’aime pas (les premières minutes)… je l’exprime… j’ai le droit (enfin j’espère)… et je m’en explique (ça me permet aussi de formaliser et de comprendre le malaise que j’ai ressenti en le visionnant).

Bon ça dérive un peu par rapport au sujet initial (forcément hein)… mais sinon où est le problème ? Le débat est cordial et poli non ?

Bon t’as gagné, je vais le regarder jusqu’au bout ce documentaire ! :clown:

[quote]Enfin ça me surprend pas, beaucoup de donneurs de leçons, comme d’ hab
[/quote]
Donner son avis et parler de son ressenti suite au visionnage d’un docu, ce n’est pas nécessairement “donner des leçons”, et j’aurais parié que tu écrirais un truc dans le genre :roll:
Perso, j’ai regardé le docu, et je te remercie de l’avoir mis ici, sinon je l’aurais pas vu.
Mais je constate que tu as décidément du mal a supporter les divergences de point de vue. :?

Non, surtout pas malheureux!!! Tu risquerais de tomber dans le piège du sensationnalisme émotionnel, ça craint… :wink:

J’ai succombé et j’ai regardé jusqu’au bout… Je suis un homme nouveau ! :wink:
Nan ça reste larmoyant à mon goût mais ok, c’est pas si pire que le début le laissait entendre.

Du coup par rapport à sa conjointe… ben heu… hum… désolé… ça m’apprendra à m’exprimer sans savoir de quoi je parle. :oops:

Mais je trouve toujours que l’introduction du documentaire est détestable et racoleuse. :sors:

Pedro.m : avant de te prononcer sur un reportage dont tu ne t’es volontairement limité à en regarder que les qq premières minutes, et surtout d’avoir un point de vue déjà arrêté sur une hyppotétique conduite future de la veuve du protagoniste, tu ferais mieux de retenir un peu ton opignon et d’aller jusqu’au bout de ce reportageavant de te prononcer.

Certe, il est peut être réalisé sur un fond de “sensationnalisme”, ça ça dépend de l’interprétation que chacun se réserve le droit d’en faire, mais il est surtout réalisé dans un but (à mon avis à moi qui l’a regardé jusqu’au bout) celui de faire connaître à un maximum de personnes qu’un homme a eu le courrage la volonté et la ténacité d’aller au terme de ses ambitions en réalisant un exploit, et malheureusement en y laissant la vie (comme beaucoup d’ambitieux, de créateurs, …).

Si tu estime que le fait d’aller au bout de ses rêves, quitte à en laisser la vie et que la famille en tire des subsides ce n’est pas bien, alors FRISON ROCHE ne nous ferait pas rêver de montagnes, et on peut même dire qu’aujourd’hui tu ne serais pas ici sur un forum de passionnés d’un sport qui n’existerait pas si certains “fous” n’avaient pas eu l’idée de dévaller une pente avec un parachute.

Au fait, la veuve n’a jamais laissé penser une seule seconde dans le reportage de plus de 52 mn, qu’elle demanderait le moindre copec pour l’exploit qu’a réalisé son défun mari.

Malheureusement je ne l’ai pas (encore) vu…mais j’aimerais réagir sur le fait que certains le traitent de suicidaire: était-ce aussi suisidaire de traverser les océans comme tous les explorateurs? De plus beaucoup y ont laissé leur vies, et eux on sait qu’ils le faisaient pour la plupart pour le pognon…et pourtant on a rien contre eux…

Mouais, Frison roche il a surtout écrit des bouquins…
Si tu cherches les costauds de l’époque faut chercher côté Gervasutti, Cassin, Heckmair et d’autres…
et d’ailleurs la gloire ou l’ idéologie n’étaient pas les moindres de leurs motivations…
Avec une rivalité exacerbée. D’un autre côté quand on voit à quoi ils s’attaquaient, comment le faire sans un égo surdimensionné et un mental en titane?
Pour Obruni, oui dans les expéditions historiques ils (99% de l’équipage) le faisaient pour du pognon mais c’était s’embarquer ou crever de faim, ils n’avaient guère le choix, eux…
En plus on n’a rien contre lui, juste c’est un peu comme sauter une barre de 50m à ski, ça passe ou ça casse, c’est un choix personnel.

Moi je verrai plutôt ça comme ça :

Le type, lui, a fait sa traversée pour lui, il se sentait obligé. Et un peu aussi pour la reconnaissance, c’est normal à ce niveau. La société a besoin de gens comme lui qui repoussent les limites. Et a preuve qu’il voulait un peu de gloire : il emporte une caméra !! Pourquoi emporter une caméra si ce n’est pour dire ensuite “regardez j’y étais” ? Ça ne peut pas être seulement pour faire son petit album photo perso.

La femme, elle, se retrouvant seule pour terminer le film inachevé, se voit obligée de modifier légèrement le scénario. Et parce qu’il faut bien faire le deuil, elle transforme le film en hommage émouvant. Ne serait-ce que pour l’éducation du petit, histoire qu’il ait un papa-héros.
Mais attention, je n’ai pas vraiment de preuves, mais le coté “sensationnalisme” est complètement indépendant de la femme. Il est dû au réalisateurs ou autres. Ce qu’on voit dans le film selon mon sentiment, c’est que le cours des évènements n’appartient pas à cette femme : on la voit presque contrainte à conduire à droite et à gauche, pour donner des interview le bébé dans les bras.

Et enfin, j’avoue comme certains l’ont déjà dit ici que cet homme avait un côté “amateur” qui m’a carrément choqué au début. (Il semblait vraiment se lancer dans l’inconnu. Après quand on voit sa biographie on le comprend beaucoup mieux.) Tout n’était pas préparé à la perfection, il semblait ne connaitre la météo que superficiellement. Le matériel par exemple : n’aurait-on pas pu trouver un système étanche pour Casper ?
Pourquoi s’est-il lancé dans la traversée quand même : car c’est l’essence même de l’aventure, accepter l’imprévu. Si il lui fallait attendre du matériel parfait pour faire l’exploit, alors il serait resté couché.

Oui c’était dangereux. Ca l’est toujours d’ailleurs.
Oui, c’est même suicidaire. Et encore plus avec le matos qu’il avait.

Mais c’était un sportif de l’extreme, qui avait déjà fait presque aussi risqué ailleurs.
Il avait connaissance des risques et s’est engagé dans l’aventure sans avoir un flingue de flanqué sur la tampe.

D’ailleurs, au début du reportage, il y avait un intervenant qui parlait de son père qui était dans la marine. Il navigait sur des croiser ou destroyer (je ne sais plus) dont l’antenne culminait à 30 m. Et lorsque 2 navires se suivaient, celui qui était dans le creux n’était même pas visible de l’autre qui le suivait dans une tempete.

Alors avec un kayak où la tête du kayakiste ne doit pas dépasser les 1 m au dessus de l’eau, imagine un peu … :wink: .

Pour FIRSON ROCHE, c’était le premier écrivaint qui m’est passé par la tête mais bon je m’incline Piment. :stuck_out_tongue:

Fir son Roche des ecrits vains? :mrgreen:

Tum’cherche là hein, tum’cherche là , t’va voir ta gueule à la récré.
bon revien plus tard faut qu’j’aille au boulot. Bon débat

ok, je me suis laissé emporté par l’introduction du reportage, par la discussion qui a glissé sur le cas “Lafaille” (autre débat, n’en parlons pas ici) et j’ai généralisé. Je m’en excuse encore (cf plus haut).

Alors je tourne la chose d’une autre manière : il est dommage de devoir user de sensationnalisme pour faire passer de la connaissance ou du rêve.
Pour illustrer concrètement le terme “sensationnalisme” pour le reportage en question :

  • dans l’introduction, les militaires parlent de creux de 30m
  • dans la suite du reportage, au plus fort de la plus méga tempête qu’a subi notre aventurier, le météorologue les estime à 10-12m

Désolé j’insiste, mais ça me choque au plus haut point et de plus en plus ! :shock:

Aller au bout de ses rêves j’adhère ! Et effectivement je ne serais pas là si je n’étais pas en chemin et surtout si certains n’avaient pas eu des “Coronès Grande” pour se jeter dans la pente avant moi… :mrgreen:

Après, sur les subsides, on risque de rentrer dans un débat qui va toucher aux droits d’auteur… et là j’ai franchement pas envie : je ne joue plus. :wink:

:trinq:

Mouais, perso je trouve que c’est souvent l’alibi parfait, ça: aller au bout de ses rêves. J’ai pas voulu me prononcer là-dessus par rapport au documentaire, parce que c’est très personnel et que je veux pas juger de ça, mais je trouve qu’on a parfois tendance à verser dans un jusqu’au boutisme aveugle et à idéaliser pas mal cette quête. OK elle peut être très belle et très enrichissante, mais c’est comme tout: elle n’autorise pas forcément tous les sacrifices, surtout quand ce sont les autres qui les font. Parce que les rêves c’est beau, mais quand c’est ton gamin qui en assume les conséquences, je suis moins fan.

Et le rapport avec les pionniers du parapente me paraît assez lointain. Si j’ai bien suivi l’affaire, ils n’étaient pas directement motivés par la volonté de se sentir vivants mais par celle de s’entraîner plus souvent à moindre coût. Idem pour les grands navigateurs dont on a parlé plus tôt: les motivations et les enjeux sont incomparables.

J’ai regardé ce doc, je suis resté scotché et ça m’a touché.
Malgré les ficelles que beaucoup dénoncent, perso je trouve pas qu’elles sont si grosses. C’est bien anglo-saxon mais sûrement pas américano-sensationnel. On est prévenu de la fin dramatique mais j’ai pas trouvé qu’ils en rajoutaient trop et les séquences sont bien réelles (même quand il pleure). Ça reste assez sobre.
Y a comme une destinée toute tracée malgré sa famille, ses échecs, la police et même la tempête.
Personnellement, je ne le trouve pas stupide du tout dans sa démarche. Certes la difficulté était démesurée mais la victoire n’en aurait été que plus belle !

:+1: ppa !

A propos du rapport entre l’Homme, sa vie normale, et sa mise en danger dans l’effort inutile qu’est l’alpinisme, je conseille cette lecture très intéressante, vite lue et bien écrite :

L’Euphorie des cimes, Petites considérations sur la montagne et le dépassement de soi
Anne-Laure Boch

http://www.lejournalnature.com/ljnblogmain/wp-content/uploads/2009/02/tb_euphoriecimes_sm.jpg

Pourquoi aller au sommet quand on peut se contenter du col ? Pourquoi chercher les itinéraires les plus directs, les plus difficiles, les plus engagés ? Pourquoi affronter le danger, le froid, l’inconfort, la souffrance, quand les sentiers balisés offrent une découverte tranquille de la montagne ? L’esprit de l’alpinisme n’est pas celui des succédanés aseptisés que la société moderne propose en lieu et place de l’aventure alpine. Au fondement de cette passion, le besoin mystérieux de se confronter à une nature immense qui accueille et domine, sans que jamais la volonté de conquête n’attente à sa pureté. Cette mystique de l’effort inutile, enracinée dans la tradition occidentale du dépassement de soi, conduit à une expérience qui transcende toutes celles que la vie ordinaire réserve : l’euphorie des cimes, la plus belle des récompenses.