L’article parle de 1995 pour situer ses débuts en parapente, il a eu sa Qbi en 2003 (18 ans mini ?) et est moniteur depuis 2004. Il me semble qu’il doit être à la mi-trentaine. Pour moi qui a plus de 20 ans de plus, il est jeune.
Adulte mais jeune et c’est en cela que je trouve sa réflexion intéressante car elle ne sort pas d’une tête grise obnubilé par la sécurité de ceux qui pourraient être les enfants voire petits-enfants mais d’un esprit “jeune” avec certainement encore des ambitions sportives dans sa pratique.
On ne peut pas, je pense, avoir eu l’ambition et la motivation pour devenir champion de France dans un sport (quel qu’il soit d’ailleurs) sans être encore animé par un esprit porté vers la performance et à minima l’excellence dans les compétences pour “ses” élèves.
Et pourtant il ne craint pas d’afficher clairement la philosophie défendue dans leur école en ecrivant ; "Dans notre école, nous enseignons le vol en sécurité, en gardant de grosses marges, quitte à voler moins ou à frustrer nos élèves Bien sûr que beaucoup d’autres écoles fonctionne sur le même principe mais finalement peu ont le courage de le dire, de l’écrire.
Car ne nous leurrons pas, dans notre société de consommation nourrie aux jeux électroniques à vie multiple ; la simple idée de l’éventualité annoncée de sortir frustré d’un stage de parapente que l’on a payé sous prétexte que les conditions météo, par exemple, n’aient pas été au rendez-vous, peut être impensable et pousser à choisir ailleurs ou le discours sonne plus prometteur. Et déjà en ça, je trouve son article courageux et s’il n’y a rien de fondamentalement nouveau, tout me semble bon à rappeler.
Ensuite ses encarts sur les stages SIV et leurs dérives et aussi sur l’apprentissage “indispensable” des techniques de descentes rapides. Cela aussi on a déjà eu l’occasion de le lire ici et là (et même ici sur le fofo) mais de profiter d’une double page dans une revue spécialisé a grande diffusion, la aussi faut faire preuve de courage et d’honnêteté quand on sait combien de bizness tourne autour de ces stages à 150 € la journée en moyenne.
SIV ou une bonne part des pilotes font ou beaucoup de tangage pour finir par se mouiller le slip après quelques sorties chandelles plus ou moins loupées réussies. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils y vont la fleurs au fusil beaucoup trop tôt dans leur progression sans vraiment savoir ce qui les attend et en quoi ça consiste, charmés par les sirènes de la mode et du marketing.
En fait, il me semble, avis tout perso, que ces stages SIV donnent à certains pilotes une fausse illusion sur leur compétence à gérer une éventuelle sortie du domaine de vol dans la vie réelle. Un peu comme de croire que savoir spiraler face planète met à l’abri de tout nuage, déjà la perception du face planète… (cf : la discussion ici sur le fofo du lancer de secours suite à “aspiration” malgré les tentatives de descentes rapides apprises en SIV)
Le SIV est un super outil de progression personelle quand il est fait aux bonnes etapes du parcours continu d’apprentissage (car évidemment, ce n’est pas la participation à un SIV qui suffit, sauf peut-être pour… savoir à partir d’où on fait de l’huile)
On pourrait d’ailleurs faire le parralelle avec la vidéo de déco par vent fort proposé par Vincent sur un autre fil. Le pilote en question devait se croire compétent et échappe à la punition que par chance et bonhomie de sa voile et le pire est qu’il doit vraiment se croire doué puisque cela s’est “encore” une fois bien passé.
Je pense sincèrement que beaucoup de moniteur et d’école et notre millieu en général devraient tenir un discours dans la direction de celui de Cyrille Marck et du Centre Ecole du Markstein.