Bonjour,
Je déterre ce post, car je voulais aussi faire part des ma réflexions sur le SIV.
Je cumule désormais un peu plus de 75 vols, ce qui est encore très peu, j’en conviens, mais en l’espace de 2 saisons, j’ai pu construire une réflexion autour de ma pratique du parapente.
Cette année, j’ai eu la chance de pouvoir profiter de journées de vols encadrées à bas coût, grâce à mon club. Cela m’a permis de revoler avec des moniteurs, et c’est toujours bien d’échanger avec eux, et je reste convaincu, que même un “vieux” pilote a tout à gagner à rencontrer de temps à autres des BE parapente, car la pratique évolue, le matériel, la technique aussi… Bref c’est, je pense, toujours bénéfique.
Durant ces quelques journées, j’ai eu l’occasion d’aborder des techniques de descentes - pas vraiment - rapides, notamment les oreilles+accélérateur+wing. J’ai pu refaire aussi des manœuvres de tangage assez amplifiées afin de faire des virages dynamiques (ça tourne très serrés !).
Seulement, c’est toujours le même constat qu’à mes débuts en parapente, à savoir que je supporte vraiment pas de me faire secouer de la sorte !
Dès que ça commence en engager un peu fort, j’amortis les mouvements de l’aile pour retrouver une configuration de vol normale…
Alors, on va me dire que 75 vols c’est trop tôt pour un SIV, et qu’on s’habitue à se faire secouer. Mais les messages dans divers posts, de pilotes qui ont une grosse expérience et ne supporte pas les manœuvres de SIV, me confortent dans l’idée que ça ne vient pas forcément même avec plus de pratique.
Cela m’amène donc à porter plusieurs réflexions sur tout ça :
D’abord, depuis mes débuts, je n’ai connu que 3 fermetures lors de mes premiers vols thermiques. A chaque fois, c’était du à une absence de pilotage de ma part en sortie de thermique. La seule vraiment violente, était une fermeture dynamique, la voile était en train de faire une abattée. J’ai donc plongé de presque 1 demi tour vers le relief coté fermé. Heureusement, j’avais un peu d’altitude, et le réflexe de relever les mains. J’ai aussi eu la chance de ne pas me laisser tomber dans la sellette car j’aurai pu faire une auto-rotation et à 100m du sol, pas forcément le temps de balancer le pépin.
Cela m’a donc vacciné à l’idée de me mettre dans des conditions fortes avec un niveau de débutant (j’avais à ce moment la précisément 32 vols).
C’est donc la seule grosse frayeur que j’ai pu avoir sur des “incidents de vols”.
Depuis, notamment quand j’ai rattaqué la saison cette année au printemps, j’ai appris à être très prudent sur les conditions de vols afin d’éviter d’avoir à gérer des situations que je ne maîtrise pas et j’ai aussi appris à connaître ma voile et à la piloter, au moins sur l’axe de tangage de sorte qu’elle reste un maximum au dessus de ma tête ! Plus aucune fermeture depuis, sauf des bouts d’ailes qui frisent.
Pour les conditions de vols, n’ayant pour le moment pas une capacité d’analyse fine de la météo, je m’en tient à quelques règles de base, valable là où je vole :
- J’évite vraiment de voler en thermique avec du vent, même assez faible.
- J’évite de voler en fin de matinée, notamment en face Est quand les conditions se mettent en place. C’est teigneux et pénible à mon goût.
- En pleine saison, au printemps, je privilégie les vols en face ouest et je décolle pas avant 15h. Il y a qu’à l’automne que je me permets de voler tôt l’après midi.
- Ne maîtrisant pas les manœuvres de descente vraiment rapide, j’évite évidement toute situation ou je peux me retrouver dans l’impossibilité de descendre (c’est à dire développement nuageux important). Par la même occasion, je ne vole pas, si je sais que la météo va virer, par exemple renforcement du vent prévu, alors que je peux être contraint de rester en l’air plus ou moins longtemps (cette règle ne s’applique pas en cas de plouf assuré de 5 ou 10 minutes).
Bien sur ce sont des règles très perso que je m’impose, et qui comportent surement des erreurs de jugement.
Le constat, c’est que pour le moment j’ai plus souvent bataillé pour tenir que pour descendre et je n’ai encore jamais eu besoin de faire une quelconque manœuvre de descente pour aller me poser plus vite ou fuir quelque chose.
Alors, certains dirons que ça peut toujours arriver, et qu’il faut maîtriser les techniques de 360 engagés ou autre. Mais je me dis que, si pour le moment je n’ai jamais été confronté à la nécessité de descendre vite, c’est peut-être parce que j’ai choisi les moments ou ça montait pas des briques sous un nuage. Et je pourrais continuer des années à voler comme ça, sans maîtriser le 3.6…
Ainsi, en évitant de devoir pratiquer des manœuvres de pilotage technique (360…) et en évitant de se confronter à des situations où l’incident de vol guette, je dirais que le SIV est finalement pas forcément nécessaire pour voler, même en thermique et même si l’on veut progresser et ne pas se contenter de ploufs en air calme.
Je me dis qu’en allant en SIV, je risque plus de prendre peur et de me dégouter de l’activité (j’en connais à qui s’est arrivé).
J’ai envie de dire qu’il y a deux manières de voir les choses :
- maitriser à 100% son engin, et donc n’avoir aucune hésitation à voler même en conditions “extrêmes”.
- ne pas maitriser son engin hors du domaine de vol, mais il faut alors avoir une honnêteté face à son niveau et savoir choisir les moments pour voler dans des conditions ou l’on sait que son engin va rester au dessus de sa tête.
Bien sur, cumuler les deux (maîtrise + analyse), c’est l’idéal, mais personne n’est parfait, et malheureusement, on sais qu’une maitrise parfaite de son engin pousse parfois à se voiler la face devant les conditions.
En tout cas, je n’écris pas ce message pour essayer de me rassurer sur mon choix de pas faire de SIV pour le moment. C’est juste une piste de réflexion qui illustre que le SIV n’est pas nécessaire pour voler, ou qu’il faut le faire à X vols, ou encore que les techniques de pilotage apprise en SIV doivent être un passage obligé (je pense par exemple au décrochage).
Enfin je dirais aussi que dans toutes les pratiques de l’entrainement aux incidents, comme le SIV (mais je pense également aux stage pilotage en bagnole…), on est conditionné et donc très réceptif à ce qu’on fait. on arrive alors à gérer efficacement les incidents.
Pour faire le parallèle avec la voiture, il est aisé de piloter sur neige en milieu encadré. Il est facile ensuite de prendre les virages en glisse sur la neige sur route ouverte tant qu’on est concentré et qu’on roule à une allure modérée. En revanche, le jour ou on ne s’attend pas à la plaque de verglas qui n’aurait pas du être la, si la vitesse du véhicule est trop élevée et qu’on est surpris c’est la sortie de route assurée. Et pilote ou pas pilote c’est la même chose…
Pour moi c’est la limite principale de ces stages SIV.
La conclusion, c’est que je vais rattaquer la saison prochaine, de la même manière. Si je vois que ça sent le sapin et que je me fais des frayeurs (fermetures, me retrouver piégé par du vent…), je commencerais par une profonde réflexion sur moi même avant de foncer comme certains chez David Eyraud ou d’autres spécialistes du SIV.
a+