SIV pas pour moi

Pour faire simple, le satge pilotage (SIV) a pour but majeur de faire acquérir des gestes reflexes qui diviennent automatiques dans la situation donnée, d’une part ; et d’éviter le surpilotage en apprenant à laisser voler sa voile d’autre part.

Ah la la les ravages de l’alcool. Encore maintenant tu gardes quelques séquelles, on ne dit pas vestibulaire, mais mandibulaire.
Petite leçon, quant tu apportes le goulot à la bouche, il ne faut pas attendre que la bouteille soit vide pour le retirer, tu peux le faire avant :mrgreen:
Heureusement, aujourd’hui pour te pêter le crâne, tu as le raplapente et ses figures de fousssss :clown:

Petit proverbe analogique : si tu sais pas pourquoi ta femme en prend une, elle au moins elle le sait. Je précise, ce n’est pas de moi. :canape:

Ouaip… c’est surtout d’éduquer les réflexes pour reconnaître le sketch qui arrive et ne pas y entrer.
En voiture, on voit de loin un nid de poule et on donne un petit coup de volant, et si on s’est fait surprendre on ne va pas pour autant jardiner les bordures ni faire un toit. En l’air, on ne voit pas dans quoi on est - sinon personne ne volerait - et il faut sentir le gag arriver au moment même où il arrive, c’est une autre histoire.
Dans les deux cas, ce sont les mouvements aberrants et le sur-pilotage qui causent l’accident, alors que cela passera tout seul avec les réflexes éduqués par une formation et de la pratique… et pas trop de malchance.

Salut et fraternité*

Bonjour,

Je déterre ce post, car je voulais aussi faire part des ma réflexions sur le SIV.

Je cumule désormais un peu plus de 75 vols, ce qui est encore très peu, j’en conviens, mais en l’espace de 2 saisons, j’ai pu construire une réflexion autour de ma pratique du parapente.

Cette année, j’ai eu la chance de pouvoir profiter de journées de vols encadrées à bas coût, grâce à mon club. Cela m’a permis de revoler avec des moniteurs, et c’est toujours bien d’échanger avec eux, et je reste convaincu, que même un “vieux” pilote a tout à gagner à rencontrer de temps à autres des BE parapente, car la pratique évolue, le matériel, la technique aussi… Bref c’est, je pense, toujours bénéfique.
Durant ces quelques journées, j’ai eu l’occasion d’aborder des techniques de descentes - pas vraiment - rapides, notamment les oreilles+accélérateur+wing. J’ai pu refaire aussi des manœuvres de tangage assez amplifiées afin de faire des virages dynamiques (ça tourne très serrés !).
Seulement, c’est toujours le même constat qu’à mes débuts en parapente, à savoir que je supporte vraiment pas de me faire secouer de la sorte !

Dès que ça commence en engager un peu fort, j’amortis les mouvements de l’aile pour retrouver une configuration de vol normale…

Alors, on va me dire que 75 vols c’est trop tôt pour un SIV, et qu’on s’habitue à se faire secouer. Mais les messages dans divers posts, de pilotes qui ont une grosse expérience et ne supporte pas les manœuvres de SIV, me confortent dans l’idée que ça ne vient pas forcément même avec plus de pratique.

Cela m’amène donc à porter plusieurs réflexions sur tout ça :

D’abord, depuis mes débuts, je n’ai connu que 3 fermetures lors de mes premiers vols thermiques. A chaque fois, c’était du à une absence de pilotage de ma part en sortie de thermique. La seule vraiment violente, était une fermeture dynamique, la voile était en train de faire une abattée. J’ai donc plongé de presque 1 demi tour vers le relief coté fermé. Heureusement, j’avais un peu d’altitude, et le réflexe de relever les mains. J’ai aussi eu la chance de ne pas me laisser tomber dans la sellette car j’aurai pu faire une auto-rotation et à 100m du sol, pas forcément le temps de balancer le pépin.

Cela m’a donc vacciné à l’idée de me mettre dans des conditions fortes avec un niveau de débutant (j’avais à ce moment la précisément 32 vols).

C’est donc la seule grosse frayeur que j’ai pu avoir sur des “incidents de vols”.

Depuis, notamment quand j’ai rattaqué la saison cette année au printemps, j’ai appris à être très prudent sur les conditions de vols afin d’éviter d’avoir à gérer des situations que je ne maîtrise pas et j’ai aussi appris à connaître ma voile et à la piloter, au moins sur l’axe de tangage de sorte qu’elle reste un maximum au dessus de ma tête ! Plus aucune fermeture depuis, sauf des bouts d’ailes qui frisent.

Pour les conditions de vols, n’ayant pour le moment pas une capacité d’analyse fine de la météo, je m’en tient à quelques règles de base, valable là où je vole :

  • J’évite vraiment de voler en thermique avec du vent, même assez faible.
  • J’évite de voler en fin de matinée, notamment en face Est quand les conditions se mettent en place. C’est teigneux et pénible à mon goût.
  • En pleine saison, au printemps, je privilégie les vols en face ouest et je décolle pas avant 15h. Il y a qu’à l’automne que je me permets de voler tôt l’après midi.
  • Ne maîtrisant pas les manœuvres de descente vraiment rapide, j’évite évidement toute situation ou je peux me retrouver dans l’impossibilité de descendre (c’est à dire développement nuageux important). Par la même occasion, je ne vole pas, si je sais que la météo va virer, par exemple renforcement du vent prévu, alors que je peux être contraint de rester en l’air plus ou moins longtemps (cette règle ne s’applique pas en cas de plouf assuré de 5 ou 10 minutes).

Bien sur ce sont des règles très perso que je m’impose, et qui comportent surement des erreurs de jugement.

Le constat, c’est que pour le moment j’ai plus souvent bataillé pour tenir que pour descendre et je n’ai encore jamais eu besoin de faire une quelconque manœuvre de descente pour aller me poser plus vite ou fuir quelque chose.

Alors, certains dirons que ça peut toujours arriver, et qu’il faut maîtriser les techniques de 360 engagés ou autre. Mais je me dis que, si pour le moment je n’ai jamais été confronté à la nécessité de descendre vite, c’est peut-être parce que j’ai choisi les moments ou ça montait pas des briques sous un nuage. Et je pourrais continuer des années à voler comme ça, sans maîtriser le 3.6…

Ainsi, en évitant de devoir pratiquer des manœuvres de pilotage technique (360…) et en évitant de se confronter à des situations où l’incident de vol guette, je dirais que le SIV est finalement pas forcément nécessaire pour voler, même en thermique et même si l’on veut progresser et ne pas se contenter de ploufs en air calme.

Je me dis qu’en allant en SIV, je risque plus de prendre peur et de me dégouter de l’activité (j’en connais à qui s’est arrivé).

J’ai envie de dire qu’il y a deux manières de voir les choses :

  • maitriser à 100% son engin, et donc n’avoir aucune hésitation à voler même en conditions “extrêmes”.
  • ne pas maitriser son engin hors du domaine de vol, mais il faut alors avoir une honnêteté face à son niveau et savoir choisir les moments pour voler dans des conditions ou l’on sait que son engin va rester au dessus de sa tête.

Bien sur, cumuler les deux (maîtrise + analyse), c’est l’idéal, mais personne n’est parfait, et malheureusement, on sais qu’une maitrise parfaite de son engin pousse parfois à se voiler la face devant les conditions.

En tout cas, je n’écris pas ce message pour essayer de me rassurer sur mon choix de pas faire de SIV pour le moment. C’est juste une piste de réflexion qui illustre que le SIV n’est pas nécessaire pour voler, ou qu’il faut le faire à X vols, ou encore que les techniques de pilotage apprise en SIV doivent être un passage obligé (je pense par exemple au décrochage).

Enfin je dirais aussi que dans toutes les pratiques de l’entrainement aux incidents, comme le SIV (mais je pense également aux stage pilotage en bagnole…), on est conditionné et donc très réceptif à ce qu’on fait. on arrive alors à gérer efficacement les incidents.
Pour faire le parallèle avec la voiture, il est aisé de piloter sur neige en milieu encadré. Il est facile ensuite de prendre les virages en glisse sur la neige sur route ouverte tant qu’on est concentré et qu’on roule à une allure modérée. En revanche, le jour ou on ne s’attend pas à la plaque de verglas qui n’aurait pas du être la, si la vitesse du véhicule est trop élevée et qu’on est surpris c’est la sortie de route assurée. Et pilote ou pas pilote c’est la même chose…

Pour moi c’est la limite principale de ces stages SIV.

La conclusion, c’est que je vais rattaquer la saison prochaine, de la même manière. Si je vois que ça sent le sapin et que je me fais des frayeurs (fermetures, me retrouver piégé par du vent…), je commencerais par une profonde réflexion sur moi même avant de foncer comme certains chez David Eyraud ou d’autres spécialistes du SIV.

a+

Salut Kaiser,

Tu as su jusqu’à présent “contrôler” tes conditions de pratique pour éviter les conditions “à risque” pour ton niveau. C’est un bon point.

Mais cela n’empêche pas qu’un jour tu croises croises tout de même un évènement plus fort que prévisible, même sans qu’il y ait eu d’erreur d’analyse. Ce que l’on appel en plongée “l’accident immérité”.

Je suis comme toi pour ce qui est de mon manque de plaisir à me faire secouer. En revanche, peu à peu j’accepte les mouvements pendulaires, j’accepte de sentir ma voile vivre. Je n’en suis pas encore aux Wings et autres prémices de 360, mais je commence à prendre de l’angle en virage, à tourner un peu plus fort pour descendre…

Je pense que, comme tu l’as dit, un retour à quelques séances sous l’oeil d’un BE ne font jamais de mal, et si tu en discutes avant avec le moniteur et que celui-ci est un tant soit peu psychologue, il saura définir avec toi une progression des exercices adaptés qui te forceront à “aller un peu plus loin”, sans pour autant te faire peur… mais qui te permettra d’élargir en toute sécurité tes créneaux de vol, ET SURTOUT, le jour ou il y aura un évènement surprise, de savoir y pallier.

Il est probable que sans aide d’un moniteur, tu parviennes toi même a apprendre les comportements qui vont bien avec l’expérience. Mais là ou il t’aurais fallut 2 ans avec seulement une cinquantaine de créneaux volables seul, avec un encadrement approprié, 6 mois auraient peut-être suffit et tu aurais pus utiliser 20 ou 30% de créneaux en plus durant la même période.

Alors peut-être pas de stage SIV engagés pour toi et moi à court terme, mais pourquoi pas des séances de perfectionnement adaptés à notre niveau et nos peurs orienté “comportement en situation d’incident légers”.

Qu’en pensent les BE ?

En réponse à Kaiser et à Gilles.

Vous faites tous les deux preuve d’une grande maturité sur l’analyse de votre pratique. Ce que décrit Kaiser devrait être le crédo de tout pilote dans son début de progression. Même si il est frustrant de faire des vols moins longs que les “fondus”, au moins vous volerez longtemps. La majorité des pilotes qui arrêtent la pratique le font après une grosse frayeur mal débriefée.

Le stage SIV est un plus si il est bien vécu. On peut sans aucun problème faire une longue carrière de pilote sans en faire, il “suffit” de respecter les règles énoncées ci dessus.

Par contre, si vous en sentez le besoin de faire un SIV (à défaut de l’envie :wink: ), n’hésitez pas à en parler à un des BE encadrant les stages de SIV. Je suis sur qu’ils sont capables de vous faire un petit programme de mise en confiance.

Juste une précision pour éviter de se faire des films sur les “SIV” : j’etais ce WE en stage “pilotage” avec David Eyraud.
7 stagiaires de tous niveaux allant du débutant (15 vols, à peine a l’aise en deco face voile); à la mega-motivée-voltige.
Moralité (version courte): l’un a pu constater qu’une autorot centrifuge moins que des 3.6 engagés. l’autre a passé ses premieres SAT, en passant par les prérequis (vrilles, decro, marche arriere …)
Dans tous les cas, c’est extremement instructif d’etre dans ce bain, de comparer ses connaissances, ses limites et ses propres axes de progression.
David essaye de motiver les stagiaires avec des exercices progressifs adaptés …
c’est en aucun cas une liste figée de figures qu’on serait forcé de faire pour braver la peur …

Je doute quand meme fortement de l’interet de faire un SIV apres 15 vols. :?

Il y a un intérêt, mais c’est chers payé pour des choses qui pourraient être faites en stage normal (pas besoin de gilets, de bateau ni de camera pour envoyer 2 mouvements de tangages).
Sans compter que suivant la période, le posé à Annecy peut être un peu technique (j’ai vu un gus pas trop dégourdit devoir être guidé par David… Une fois il n’a pas pu le guider, le gars a été trop long de 2m => flotte).

Tangage, sortie dissipée et dynamique, 3-6 (sans tombé dans le face planete), fermeture assym, sont des maoeuvres que l’on peut apprendre et travailler sans gilet ni lac.
Elles permettent d’appréhender un spectre assez large des situations aux quelles on peut être confronté d’une part, et de démistifier les mouvement “parasite” de l’aile d’autre part. C’est dans ces phases généralement que l’on comprend ce que veut dire “laisser voler son aile”.
Pour tous ces exercices, il n’y a pas besoin non plus de tomber dans les extrèmes pour les comprendre et les gérer.

salut,

personne ne se fait de film, et on sait tous que l’appellation SIV est un fourre-tout où l’on case à la fois des exercices de base qui peuvent très bien s’apprendre en stage perf dans n’importe quelle école et à la fois des exercices de pilotage extrême comme la SAT ou la vrille.

Je me demande cependant ce que faisait un débutant avec 15 vols en SIV.
Je ne suis pas “doué” pour le parapente, mais pas non plus empoté, et j’ai été autonome en air calme au bout d’une quinzaine de vols en fait (4 journée d’init + 3-4 journée de perf). Je savais alors décoller et construire une approche seul pour poser.
Par contre, je comprenais clairement rien à mes mouvements d’aile et je n’avais encore développé aucune sensations au niveau de mes commandes. Tout juste eu l’occasion d’explorer les différents régimes de vols en étant guidé en radio.

Alors, soit le débutant est un Mozart du parapente, soit il était la par hasard (ou c’était un ami d’Eyraud ?). Mais se faire un SIV à 15 vols je vois pas.

Le SIV est certainement très intéressant à mon avis, mais il faut quand même que ca vaille le coup de payer pour cela, et être sur d’en tirer un bénéfice. Si c’est pour aller payer un stage SIV de deux jours pour faire du tangage tempo, autant le faire lors de stage perf classique.

Moi je vois qu’en stage j’ai eu l’occasion de faire plusieurs fois des wings aux oreilles et je trouve déjà que ça me remue l’estomac. C’est nullement un plaisir de pratiquer ce genre de manœuvres. Alors de la à payer un stage pour faire rien de plus car j’aurais la trouille, je me dis autant économiser pour aller voler à l’etranger. Ou alors, attendre quelques années, voi si je m’habitue…

a++

[edit] : j’ai écris le message sans avoir eu le temps de lire les 3 réponses d’akira marc et ecclésiaste. Je suis bien d’accord avec vous et d’ailleurs, à mon avis en perf, il devrait être obligatoire de faire quelques exercices correctement. A savoir, du tangage tempo, gérer son accélérateur et savoir s’en servir avec les oreilles. Wing aux oreilles, pourquoi pas 360 aux oreilles accélérés, car apparemment avec une oreille extérieure fermé c’est pas mal (y’a un débat la dessus)…
Dans les bonnes écoles, c’est d’ailleurs souvent appris en perf 1 avant d’aller voler en thermique. Encore faut-il avoir des élèves patients qui veulent apprendre les bases avant d’aller de suite dans le baston.
En stage, j’ai même eu l’occasion de faire des fermetures asymétriques : on attrape un faisceau d’élévateurs et on maintient le cap.

pas de “mozart”, il etait avec 2 amis qui avaient fait un premier SIV l’an dernier.
perso j’aurais aussi trouvé ca un peu tot, mais c’etait pour dire que finalement on peut tirer énormement d’un “SIV” à tout niveau.

concernant le débat stages “perf” vs stage “lac+gilet+camera”, y a bien sûr l’élement tarif …
on compte comment? 1 SIV = 2 perfs?

perso je me souviens des exos de tangage en perf où on te dit qu’il faut éviter décros et frontales … mais que t’as aucune idée concrète d’où c’est, ni de ce que c’est, ni de quoi faire si tu t’en prends …
je trouve que ce flou nourrit une certaine inquietude; donc niveau “trouille” c’est pas top.
idem pour les asyms … quid de l’autorot – qui ne remue pas l’estomac tant que ca :slight_smile:
bref, trouille et estomac sont pas tj directement liés.
savoir que t’as un secours + un lac peut te permettre de réaliser la nature des problemes et où est reellement ta trouille.

Excellente réflexion, avec les limites liées à un état (provisoire) d’encore néophyte bien que plus tout à fait débutant.

:prof: [Mode POB ]On apprend énormément de choses au cours d’un SIV, quelques petits vols de pas grand chose en temps de vol, mais énormes en intensité et en communion avec la voile.
Le but n’est pas de faire joujou en envoyant des 360 face planète pour frimer, cela n’impressionne personne. Le but est de ne pas se retrouver dans une cascade d’incidents en ayant perdu les pédales.
Partir en autorot sur une grosse fermeture ne doit JAMAIS arriver, pas même sur un demi-tour : c’est tellement terrifiant ce sketch qu’on acquiert très vite le réflexe de contrer pour garder le cap. Là où le pilote novice mettra du temps à réagir, et réagira peut-être mal, celui qui a travaillé ça en SIV saura immédiatement quoi faire.

Exemples parallèles :
Crever de l’avant en moto à 130 sur autoroute. Pour un novice, c’est la gamelle assurée. Avec des réflexes éduqués et une vitesse de réaction en conséquence, on tient le cap en louvoyant férocement mais on reste sur les roues, il faut des bras pour tenir le guidon mais on le tient, et on rentre les vitesses tout à la douce.
Si on touche au frein, on est par terre.
C’est le même problème avec une remorque qui se met à partir en lacet : on a quelques secondes pour contrer, après c’est le toit et adieu Berthe !
Quand on perd les pédales, c’est foutu.

En parapente, on a un secours mais il faut être capable mentalement de ne le sortir qu’à la dernière extrémité, après on ne contrôle plus rien et le retour au sol n’est pas forcément anodin. En pilotant, on s’en tirera beaucoup mieux.
Savoir qu’on peut se sortir d’un sketch et surtout savoir qu’on peut l’éviter, c’est indispensable pour pouvoir voler avec plus de sérénité, et cela s’éduque avec le temps. Un SIV permet d’accélérer fortement cette éducation en la rendant d’emblée plus efficace.
Voler avec sérénité, sans faire de l’huile en permanence, c’est fou ce que c’est bon.

75 vols au compteur, ce n’est pas gras dans l’absolu mais ce n’est pas rien, c’est le moment de la réflexion et a priori le niveau de pilotage est atteint pour faire un premier SIV.
Ce sera assez anodin en apparence : tangage amplifié / virages accélérants sur 180° avec dissipation d’énergie dans la ressource / fermetures asymétriques pilotées. Le 2ème jour, on poussera les abattées pour faire du freinage “tempo”, puis on attaquera le 360 avec passage transitoire face sol ou pas loin, on fera la frontale sur une fin de vol et on finira avec l’autorot.

Ce n’est pas qu’on pilote mieux après un SIV, il faudra en faire d’autres et on n’arrive pas dès le premier stage à faire 3 tours en autorot ni à gérer le décrochage, mais on aura acquis une gestuelle et surtout un mental qui permettront ensuite de mieux voler et de ne pas se faire peur au premier pet de taupe un peu appuyé.
Quand on a peur de prendre une claque et de partir en autorot, on ne vole qu’en air calme pour faire des ploufs, c’est sympa mais un peu limité. Quand on sait qu’on peut gérer ce genre d’incident extrêmement banal, on peut voler en conditions thermiques et c’est tout un domaine de vol qui s’ouvre.
Cela vaut le coup.

On ne va pas devenir une “pure lumière du thermique” ni un “chevalier du ciel” par la magie d’un SIV, il ne faut pas rêver. Pour être un peu crue, je dirai que c’est un peu comme pour le radada : on peut tirer son coup de temps en temps, sur le mode animal basique, mais c’est nettement meilleur quand on sait y faire et qu’on arrive à une bonne communion avec ses partenaires. Nous avons tous connu des partenaires qui nous ont fait progresser, je me méfie des gens qui “savent” en n’ayant eu qu’une pratique basique.
Cyrano de Bergerac avait une devise : “ne pas monter très haut peut-être, mais y monter seul”. Il y aurait beaucoup à disserter sur ce thème, pour moi cet excellent auteur avait écrit une connerie parce qu’on apprend beaucoup avec les autres.

La trouille est naturelle, c’est une défense animale devant ce qui est perçu comme un danger. Quand on a appris, les limites du danger reculent mais il n’est pas pour autant effacé.
L’autorot me terrifie et lors de mon dernier SIV, en juin 2010, je me suis dégonflée lamentablement. Le lendemain, trop abreuvée de honte, j’avais décidé d’y aller et de faire 3 tours, je l’avais dit à David. Je fis 4 tours et la sortie fut évidente, mais cela me terrifie toujours autant.
Parallèle :
J’ai grimpé un peu partout en Europe, toujours en tête de cordée et parfois en solo, et j’avais une peur panique de me casser la gueule, ce qui me limita dans ma progression technique. Je fis quand même un jour un vol, en solo, dans du V tout à fait banal après un passage de VIb. 8m de chute, enrayée par une auto-assurance bien chiadée, cela aurait dû me “dépuceler” mais que dalle, la trouille de tomber ne m’a jamais quittée.
Par contre je me suis vautrée pas mal de fois en moto sur circuit, je n’avais pas peur et cela me permettait de prendre des angles déraisonnables ou de faire chanter le pneu AV au freinage sur le mouillé.
La différence c’est que sur une moto on ne dépend pas d’autrui pour sa sécurité.

Sous un parapente on ne dépend que de soi-même, il faut bien maîtriser la voile et réagir très vite quand elle fait un truc pas catholique. C’est à ça qu’un SIV va aider.
On en fera d’autres, cela fait partie de la progression de tout pilote ayant envie d’aller plus loin, et je préconise avec force de toujours faire un SIV quand on change de niveau de voile. [/Mode POB]

Salut et fraternité*

Diantre, quelle logorrhée!
Un solo assuré, faudra quand même que tu m’expliques. Soit c’est du solo, soit c’est de l’auto-assuré…
Rhôôô, v’la que je suis encore méchant, mais bon tu cherches!!! (D’ailleurs à force d’être méchant avec toi, j’oses pas venir te dire bonjour quand je te croise :mrgreen: )

[quote]J’ai grimpé un peu partout en Europe, toujours en tête de cordée et parfois en solo
[/quote]
Meme dans la Walker ?

Ce qu’il y a de bien avec POB, c’est que c’est les propos sont toujours très mesuré, et les exemples pour les illustrer sont fins comme de la dentelle de calais (je parle pas de ton parallèle sexuel, mais des comparaisons avec la moto extrême, l’alpinisme extrême…)

[quote]75 vols au compteur, ce n’est pas gras dans l’absolu mais ce n’est pas rien, c’est le moment de la réflexion et a priori le niveau de pilotage est atteint pour faire un premier SIV.
Ce sera assez anodin en apparence : tangage amplifié / virages accélérants sur 180° avec dissipation d’énergie dans la ressource / fermetures asymétriques pilotées. Le 2ème jour, on poussera les abattées pour faire du freinage “tempo”, puis on attaquera le 360 avec passage transitoire face sol ou pas loin, on fera la frontale sur une fin de vol et on finira avec l’autorot.

Ce n’est pas qu’on pilote mieux après un SIV, il faudra en faire d’autres et on n’arrive pas dès le premier stage à faire 3 tours en autorot ni à gérer le décrochage,
[/quote]
Alors finalement, si je te suis bien, ca veut dire qu’à mon premier SIV, je fais refaire la même chose qu’en perf et il m’en faudra un deuxième pour aborder les choses sérieuses ? :vrac: :bravo:

[quote]mais on aura acquis une gestuelle et surtout un mental qui permettront ensuite de mieux voler et de ne pas se faire peur au premier pet de taupe un peu appuyé.
Quand on a peur de prendre une claque et de partir en autorot, on ne vole qu’en air calme pour faire des ploufs, c’est sympa mais un peu limité. Quand on sait qu’on peut gérer ce genre d’incident extrêmement banal, on peut voler en conditions thermiques et c’est tout un domaine de vol qui s’ouvre.
Cela vaut le coup.
[/quote]
Le truc, c’est que toi tu l’interprètes comme ça. C’est d’ailleurs une drôle de manière de voler. Ca veut dire qu’avant le SIV, chaque fois que tu décollais et que la masse d’air était un peu turbulente, tu flippais de faire une autorot, sans même jamais en avoir fait ou savoir ce que c’est ?! Et donc tu faisais que des ploufs ? Et ensuite après le SIV tu avais l’impression de pouvoir maitriser l’auto-rotation ?!

Mouais, ça me convainc pas des masses comme façon de voir les choses.
D’ailleurs, chaque fois que j’ai pu échanger avec d’autres pilotes à propos de leur accident, bien souvent les incidents de vol étaient proche du sol, et donc, avec un temps de réaction très limité. Et ca fini au tas, sans avoir eu le temps de gérer l’incident ou de tirer le pépin. As-tu pensé à cela ? au fait que tu aurais peut-être pas le temps de réagir ? Même avec tes réflexes d’ancien pilote ?

Pour faire un parallèle avec la montagne que tu sembles apprécier, tu fais peut-être du ski de randonnée. Dans ce cas est-tu convaincu qu’il faut être un expert de la neige pour pouvoir skier en hors piste ou en randonnée ?!
Moi je n’ai pas honte de dire que j’y connais à peu près rien en nivologie, hormis quelques grands principes élémentaires. Crois tu que ça m’empêche de skier en hors piste et en randonnée, et de faire des dizaines de sortie chaque hiver ? Pour autant je suis tjs vivant sans n’avoir jamais eu heureusement d’accident d’avalanche. Juste une frayeur une fois ou j’ai fait partir une plaque à vent, mais sans partir avec…
Comme on dis, “expert, l’avalanche ne sais pas que tu es un expert”.

Et heureusement, il y a quand même pas mal de journée et de moment dans l’année ou l’on peut pratiquer ses passions (ski, parapente), sans s’exposer un maximum au danger !
Tu peux très bien voler en thermique à ton niveau en ayant une gestion de ta voile adapté, et sans te prendre de fermeture et encore moins d’autorot, et donc sans ressentir le besoin de maîtriser l’exercice en “milieu sécurisé”.

Cette année, je me suis retrouvé deux fois dans une aérologie difficile. Et une fois c’était lors d’une journée en école avec un … BE ! on s’est reposé sur lui pour prendre la décision de voler. De moi-même je n’y serais pas allé, mais on lui a fait confiance et c’était bien trop fort, même pour des pilotes autonomes ayant entre 40 et 200 vols ! C’était en plein mois d’avril cette année, en face est, à 13h30…
Alors lors de ces deux vols, je n’ai pas fait de “performance”, par cherché à faire le plaf, à enrouler nickel chrome… J’ai juste cherché à contrôler ma voile pour la garder au dessus de ma tête et je n’ai pas eu à déplorer de fermetures ! J’ai volé 45 minutes, c’était un vol globalement inconfortable, mais en gardant son calme et en gérant son aile on arrive à poser sans mourir… Je ne dis pas que je n’ai pas eu peur sur le moment, j’étais assez “tendu” en l’air, mais après coup je me suis dis que c’était une bonne expérience et la preuve que j’étais capable de tenir mon aile efficacement, sans la brider pour autant et risquer décrochage ou autre parachutage.
Je ne considère pas la fermeture comme un incident extrêmement banal. Pour moi ça n’a rien de banal, c’est juste un signe qui prouve que tu n’as rien à faire là à l’instant T.

Alors oui, il y a toujours cette part d’imprévu, mais ca, ça s’appelle … la vie !
Ce moment ou tu te ferras chablater à 10m/sol par une forte bulle et que tu percuteras le relief sans rien avoir le temps de faire.
Ou tu simplement le moment ou tu monteras dans l’ascenseur avec ta petite famille et que tu finiras en 1/2 seconde au sous sol sans crier ouf
Faut-il être ascensoriste pour utiliser le dit engin au quotidien ?

++

Salut kaiser

[quote]Moi je n’ai pas honte de dire que j’y connais à peu près rien en nivologie, hormis quelques grands principes élémentaires. Crois tu que ça m’empêche de skier en hors piste et en randonnée, et de faire des dizaines de sortie chaque hiver ?
[/quote]
On retombe exactement sur la problématique du choix des conditions de vols. Si tu te contentes d’aller ds des endroits très fréquentés (caricaturons en disant chamechaude vu ton pseudo) tu peux ne rien y connaitre et sortir sans trop de danger. Si tu vas ds des endroits moins fréquentés avec des conditions qui peuvent etre limites (niveau 3 donc) l’expérience peut etre tres utile. Si ton credo est donc “bénie soit l’ignorance” car elle me permet de ne pas avoir conscience du danger, cela s’appelle faire l’autruche non?
En l’air c’est pareil.

[quote]Pour autant je suis tjs vivant sans n’avoir jamais eu heureusement d’accident d’avalanche
[/quote]
Heureusement pour toi, mais hélas…il suffit d’une fois…

[quote]Comme on dis, “expert, l’avalanche ne sais pas que tu es un expert”.
[/quote]
ça c’est clair!!!

[quote]Tu peux très bien voler en thermique à ton niveau en ayant une gestion de ta voile adapté, et sans te prendre de fermeture et encore moins d’autorot, et donc sans ressentir le besoin de maîtriser l’exercice en “milieu sécurisé”.
[/quote]

[quote]Alors oui, il y a toujours cette part d’imprévu, mais ca, ça s’appelle … la vie !
[/quote]
C’est sur genre de propos qu’au final je ne partage pas ton analyse. Tu sembles prôner un discours réaliste et réfléchi sur l’adéquation pilote/conditions tout en conservant une zone d’ombre que tu appelles “l’imprévu”, les célèbres impondérables de nos pratiques alpines et à propos desquels on ne peut rien faire. L’expérience et l’entrainement sont justement la pour réduire au maximum cette zone d’ombre au minimum incompressible et te donner des chances de t’en sortir.
Je pense, et les exemples st nombreux, qu’on peut tres bien voler ou penser voler en conditions thermiques “cool” et se manger une bonne grosse fermeture, ou se retrouver ds des situations tout à fait imprévues en montagne. La technique et l’entrainement peuvent alors faire une très grosse différence. Pour certains ce sera la rubrique faits divers du Daubé, pour d’autres une expérience de plus.
Par ailleurs un simple siv de 2 jours a le gros avantage de démystifier les mouvements erratiques de l’aile et simplement te donner confiance en l’air et donc prendre encore plus de plaisir.
Au final, je prône la formation auprès de professionnels compétents -mon coté prof peut etre?- dans tous les domaines. Cela ne te mets malheureusement pas à l’abri de l’accident mais je pense que cela diminue les probabilités qu’il se produise.
En te souhaitant plein de bons vols et une bonne saison de ski,
bruno

[quote]On retombe exactement sur la problématique du choix des conditions de vols. Si tu te contentes d’aller ds des endroits très fréquentés (caricaturons en disant chamechaude vu ton pseudo) tu peux ne rien y connaitre et sortir sans trop de danger. Si tu vas ds des endroits moins fréquentés avec des conditions qui peuvent etre limites (niveau 3 donc) l’expérience peut etre tres utile.
[/quote]
Le problème c’est justement cette expérience qui fait croire à certains qu’ils peuvent aller dans des zones peu fréquentables à certaines période. Pour caricaturer, je pense par exemple à certaines zones de Belledonne nord bien craignos l’hiver qui voit peu de monde et ou la neige transforme peu.
Je connais trop de gens qui pensait avoir une expérience solide et se sont voilé la face. Certains ont d’ailleurs radicalement changé de pratique après un incident… A la limite, je préfère comme tu dis me contenter de chamechaude et autre bouse sur fréquentés l’hiver quand y’ a de la poudre et laisser les pentes N de Belledonne aux soi disant experts…

Après bien sur, c’est effectivement l’expérience qui par exemple te fait progresser sur une pente de neige avec prudence, en privilégiant les zones avec ancrages naturels lorsque tu fait ta trace de montée, en ne skiant pas en groupe sur une même pente…

[quote]tout en conservant une zone d’ombre que tu appelles “l’imprévu”, les célèbres impondérables de nos pratiques alpines et à propos desquels on ne peut rien faire.
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Oui c’est une question de philosophie. Je reste convaincu qu’il y a une part d’imprévu dans tout, et surtout le destin qui fait qu’un jour il t’arrive un truc qui n’est arrivé à personne d’autres auparavant…
Mais ça c’est une philosophie perso et je comprend qu’on puisse avoir une démarche inverse avec l’envie de tout maitriser sans imprévu…

a++

En escalade, il y a le solo intégral, comme le préconisait Preuss (tombé à 23 ans) et qu’on ne pratique en réalité que dans du “facile”. Un grimpeur avisé s’auto-assure dans les passages difficiles, ce qui oblige à redescendre chaque longueur et à la refaire en second en mode auto-assuré.
Dans sa grande première au Dru, Walter Bonatti avait utilisé son sac pour s’auto-assurer. Quand Christophe Profit refit le pilier Bonatti en solo, il n’avait même pas emporté de corde, juste un minuscule sac à dos avec de l’eau et un vêtement chaud.

Il ne faut jamais hésiter à me brocarder, j’apprécie quand c’est écrit avec humour et je suis trop âgée pour être susceptible.

@ Akira
Quand j’ai fait la Walker le 12 août 1972, nous étions à deux cordées et il y avait avec nous Pierre Béghin en solo. Il s’auto-assurait dans les passages difficiles et il nous largua après les “bandes de glace”. Vu que nous étions sortis deux heures après lui, il avait dû pas mal s’auto-assurer, notamment dans la cheminée rouge. J’ai souvenir d’un passage surplombant bien velu et bien froid qui avait dû être compliqué en solo. Je n’aurais pas aimé devoir sortir à la cravache dans le mauvais temps mais à 5 nous savions que nous en étions capables.

Je n’aimais pas grimper en solo, c’est trop chouette de partager ses sensations avec un compagnon de cordée et c’est trop con de se mettre dans un pot sur un glacier enneigé. J’ai toujours été très sociable.

@ kaiser 38
Il y a un peu plus d’un siècle, Mummery écrivait : “en montagne, c’est l’imprévu qui arrive toujours”.
Il fallait un culot fantastique pour aller comme ça à 5 au Nanga Parbat en 1895. On n’a jamais retrouvé les corps de Mummery et du porteur qui l’accompagnait.

J’ai une bonne expérience du ski de haute montagne et une bonne lecture du manteau neigeux, mais d’autres, bien meilleurs que moi, se sont fait embarquer pas des avalanches, c’est à la portée de tout le monde. Je pense à Toni Gobbi (guide de Courmayeur), Michel Marchal (prof à l’ENSA) et Michel Afanassief (un des fondateurs de la Cie du Mont Blanc), pour les plus connus, sans oublier les 14 du stage de guide à l’Aiguille Verte en 1964, dont Charles Bozon (de l’équipe de France de ski) et François Novel (avec qui j’avais appris à skier). J’ai perdu aussi pas mal de copains et il m’est arrivé de passer à des endroits très dangereux parce qu’il fallait passer… Cela aurait tout aussi bien pu “ne pas passer”.
Ce n’est pas toujours le premier à passer qui déclenche la coulée, mais passer devant procure toujours les angoisses terrifiantes de celui qui sait que sa peau ne vaut pas cher.
“Bon les copains, on va passer au sommet d’une énorme plaque à vent. Espacement 50m, une seule bretelle du sac, mains hors des dragonnes et fixations libres des lanières. On marche sur des oeufs et cela devrait passer”. J’étais passée et les autres ensuite, mais si nous avions traversé la pente plus bas à 8 à la queue leu-leu comme des glandus, la plaque serait peut-être descendue et nous avec.

Il m’est aussi arrivé de bien brasser sur des glaciers en faisant la trace, en enfonçant jusqu’aux genoux et parfois jusqu’aux hanches. Lire la neige pour “sentir” la crevasse exige une grande expérience, et cela n’évitera à personne le risque d’aller visiter le sous-sol.
Me revient en mémoire un retour aux instruments depuis le bivouac de la Fourche vers le refuge Torino le jour de mes 25 ans. Il y avait 60cm de neige à 1h du matin, pas question d’aller au Mont Blanc par la Major. Pas loin de 1m à 7h, faire la trace sous la face N de la Tour Ronde, bien chargée en fraîche, ne fut pas très agréable, mais plus à l’écart il y a un tel réseau de crevasses croisées que la sécurité imposait de passer juste sous la rimaye. Entre le danger certain des pots et le danger probable de l’avalanche, nous avions choisi le danger probable.
Tout ça sous la neige qui tombait, avec 10m de visibilité.
Je ne suis jamais retournée à la voie Major après ce but marqué dans du gros mauvais.

Plus on pratique la haute montagne et plus on accumule de l’expérience, plus on s’expose aussi à l’imprévu.

Pour revenir au parapente, on s’expose toujours à l’imprévu quand on sort du bocal d’un site de vol, et même “dans le bocal” on peut avoir parfois des surprises. Une rentrée de vent un peu craignos et tout le monde est à la rue, ceux qui savent s’en tirer ont alors un avantage.
C’est ce qui m’arriva un jour à Planfait en avril 2009 lors de mon 77 ème vol, un petit vol de midi peinard sous une voile d’essai… A un moment j’eus l’impression que cela devenait mauvais, et puis j’ai pris une énorme frontale, la voile a claqué et shooté violemment. Cela fait curieux de voir la voile devant qui barre l’horizon, à 200m/sol en sellette string sans secours.
Sur cette grosse rentrée de NE, tout le monde était à la rue, même les biplaceurs. J’avais posé en marche arrière hors terrain et c’est cet incident - assez banal mais terrifiant - qui me décida à faire mon premier SIV.

Le parapente a en commun avec l’alpinisme, le ski de rando et la moto de rendre modeste. Plus on acquiert d’expérience et plus on se sent petit et fragile, et en même temps on sait qu’on est de plus en plus fort et capable de faire toujours mieux avec toujours plus de sécurité.
Quand on n’a que quelques dizaines de vols dans la musette, on a encore tout à apprendre. Avec quelques centaines de vols on a appris pas mal de choses et l’étendue de ce qui reste à apprendre donne le vertige.
Avec quelques milliers de vols… je n’en suis pas là.
J’ai eu le bonheur d’apprendre à voler avec Pierre-Paul Ménégoz, un grand bonhomme que j’aime beaucoup. Sa maxime résume ses 30 ans de pratique : “en parapente, il faut rester humble”.

J’ai fait 4 stages SIV et j’en ferai d’autres.
Dans ma pratique - exclusivement en montagne - je mesure l’étendue de mon ignorance. Je vois décoller beaucoup de gens qui ont une très mauvaise gestuelle, je vois en l’air des gens qui pilotent comme des cochons et qui ignorent les priorités. Quand je ne peux pas sortir du bocal et qu’il y a du monde, c’est stressant et je vais poser. Quand on sort du bocal, il n’y a presque plus personne en l’air, c’est fabuleux… mais on se retrouve aussi dans le vent météo et c’est autre chose que les brises locales autour d’un déco.

On peut raboter des pistes vertes bien damées en chasse-neige et on a le droit d’aimer ça, mais on peut aussi jouer dans des champs de bosses, descendre sous les télésièges dans des neiges bien craignos, descendre des petits couloirs bien raides et bien étroits, crapahuter avec les peaux de phoque pour descendre de sommets bien gagnés, il y a plein de façons de faire du ski et aucune n’est plus noble que les autres, à chacun selon ses goûts et ses moyens.

Je fais comme tout le monde de l’essuie-glace quand cela ne “sort” pas, des ploufs quand cela ne “tient” pas, beaucoup se limitent à cette pratique et ce n’est pas méprisable, il y a toujours le plaisir de voler. Quand on a les moyens techniques de pouvoir voler plus haut, plus loin, plus longtemps, sous des voiles qui le permettent, c’est autre chose.
Quand on a aussi les moyens de décoller de cols ou de sommets atteints après une longue marche, c’est encore autre chose et c’est ce qui m’a amenée au parapente.

Les stages SIV ne donnent pas accès à ces domaines de vol, ils donnent seulement des moyens techniques pour voler avec davantage de sécurité et d’efficacité, ils accélèrent la progression.
Je connais pas mal d’excellents pilotes, qui font des cross magnifiques et qui n’ont jamais fait de SIV.

Salut et fraternité*

Et comme tu as pratiqué les trois, tu ne crains personne, côté modestie. Plus modeste, tu meurs! :mrgreen:
(bah quoi : “Il ne faut jamais hésiter à me brocarder, j’apprécie quand c’est écrit avec humour et je suis trop âgée pour être susceptible.” ?)

[quote=“Paragliding old bag,post:138,topic:34809”]
j’en suis là :roll:
et plus on progresse plus ce qu’il reste a apprendre devient difficile et subtil à acquérir

… d’un autre coté je me dis que si c’était facile ce serait nettement moins passionnant :ppte: