[quote=“Paragliding old bag,post:138,topic:34809”]
C’est toujours la montagne qui gagne, à la fin …
SIV pas pour moi
Marc, je suis contente de lire ton comm, perso je suis pareille et à tout juste 34 vols et bien 1er siv!!!
Le pied!!!
j’ai pu dédramatiser ces fermetures… finalement il suffit de “gérer”, je suis partie en autorot et tout en confiance car “en milieu sécurisé” et je préfère découvrir comment ça se passe en étant “encadrée” plutôt que … brrrrrrrrrrrrr
bref le siv, ça n’est pas exceptionnel, il s’agit d’un stage où chacun apprend à piloter sa voile!!! de mon point de vue c’est un sacré gage d’autonomie et de sécurité!!!
ok beaucoup à apprendre, alors j’ai resigné pour avril car le parapente, j’adore mais je veux justement continuer à me faire plaisir… longtemps!!!
bref, un siv ou plutôt stage de pilotage et bien … je recommande!!! même de mon point de vue de néophyte!!!
:rando:
C’est marrant, on parlait ce jour avec ma copine des profils des apprenants dans les différents sports que je pratique ou que je peux encadrer. Et là, on est en plein dedans.
Les gens enchainent les stages, volent “un peu”, pour ne pas dire “un rien” et foncent faire un SIV. Ils en ressortent avec la banane “super, j’ai appris, j’ai compris” mais passent à coté de l’essentiel.
Je le vois tous les hivers en ski de rando, on propose des cycle d’initiation, de progression, de nivologie.
Là aussi, les gens enchaînent, ils sont content, ils ont le sentiment de progresser. Mais au final, il leur manque un truc à mon sens que j’appellerai “la culture montagne”, un vécu, une librairie de sensation, de comportements. Ils sont dans la dynamique de l’apprenant mais si c’est certes gratifiant, ils ne sont pas pour autant conscient de ce qui se passe autour d’eux. Ils sont confiants dans la rationalité de leur approche.
Leur profil est souvent le même: diplômes, cadres, habitués à avancer dans la vie et le jour où leur premier plan galère arrive, car soyez certains, il va arriver, ce petit monde s’effondre devant la prise de conscience du risque afférent à la pratique. Que malgré les murs de rationalité qu’ils ont construit, il y a l’impondérable, le contexte, l’environnement, la vie quoi et cela les perturbe pas mal. Car jusque là, ils sont dans l’intellectualisation, le coté cérébral et découvre le coté sauvage de la pratique, que parfois l’instinct, le comportement, le feeling est prépondérant.
Un SIV, à 15 vols, 34 vols, ce n’est pas un gage d’autonomie et de sécurité, c’est une veilleuse le soir pour rassurer un gamin quand on le couche.
Je ne veux pas être agressif envers Vikem, loin s’en faut, son enthousiasme fait plaisir à voir, je lui ai même dit de vive voix il y a quelques semaines à Lumbin. Je ne professe pas “un SIV après 300 vols”, je suis à l’opposé de cela, je suis allé très vite, la Qbi il y a quelques semaines après deux ans de parapente.
Mais je comprend ce qu’à pu dire Kaiser 38, j’y vois là cet “esprit”, une approche réfléchie, sans se berner d’illusion car on a tiré deux fois sur les A au-dessus d’un lac en se tapant un bon shoot d’endorphine au passage.
En montagne, en ski et encore plus en parapente, au-delà de l’apprentissage purement technique qui a un coté hyper rationnel et rassurant, il faut s’ouvrir, être à l’écoute de ce que raconte sa voile, de ressentir les interactions: avec l’aile, le milieu, la météo, les tensions qui encombrent notre cerveau, l’influx mental qui est parti après deux décos foirés, la fatigue.
Et là, pas de miracle, cela prend du temps et du travail de se créer cette bibliothèque de ressentis. Par temps et travail, je ne parle pas d’années mais de vols, de lâcher-prise, de ploufs heureux, de vols de 30mn ratés où l’on a certes “battu” son record en l’air mais on n’a rien compris à ce qu’il se passait.
Alors si pour autant c’est gratifiant et rassurant de faire des stages, ton “gage d’autonomie et de sécurité” c’est toi qui en est la responsable. C’est toi qui va te le faire en pratiquant, des ploufs, des thermiques, du gonflage avec exigence et honnêteté, limite avec introspection et seulement cela à mon sens est à même de te protéger efficacement.
Franchement, le parapente est loin d’être un sport fun pour moi, c’est le plus besogneux et laborieux que j’ai pratiqué et pourtant j’avais avant de commencer à voler une sacré bibliothèque sur terre, sous terre, sur la neige, en vertical, sous l’eau, sous l’eau et sous la terre, sur l’eau. Oups, je viens de faire ma POB 
Zut, moi qui voulait me coucher tôt…
22h30 un Samedi soir, ça reste très raisonnable, non ? :mrgreen:
Pour résumer le post de Champlo
, j’aurai le culot d’évoquer le mot culture.
Apprendre des tas de trucs plus ou moins intégrés par la suite ne procure pas pour autant une culture de l’activité, laquelle est trop multiforme pour se résumer à des stages. Ce serait comme comparer un ensemble discret à un ensemble continu, pour faire un parallèle avec les maths.
Hub s’est foutu de moi avec humour et je l’approuve
. Il se trouve que j’ai débuté la montagne à 14 ans et que cela fera bientôt un demi-siècle, ce qui fait de moi :
1 - Une vieille peau qui la ramène et qui vire au gâtisme ;
2 - Une vaste bibliothèque de connaissances reliées les unes aux autres, au fil de tant d’années et de tant d’expériences, alimentée aussi par d’innombrables lectures et des rencontres tout aussi innombrables.
On peut bien appeler ça une forme de culture, même si je n’ai pas lu la plupart des “auteurs” infligés aux étudiants.
La prose de Lionel Terray, de Walter Bonatti, de Georges Livanos et de l’incontournable AF Mummery, c’est bien plus agréable à lire que les milliers de pages à traiter l’insomnie produites par Marcel Proust ou Paul Claudel.
Question culture, la montagne est l’école de la vie, c’est bien mieux que la glose d’un mec complètement coincé qui ne sortait jamais de sa chambre et qui ne connaissait pas les humains, c’est bien plus formateur que les élucubrations d’un hyper-catholique assez facho, si jaloux de sa soeur - qui était une immense artiste - qu’il l’avait fait enfermer chez les dingues.
J’ai une bonne connaissance de la neige et cela me donne accès à une meilleure assimilation d’une conférence sur la nivologie, accès que n’aurait pas forcément le skieur de station lambda dont la pratique est moins éclectique.
Mon expérience de la météo en général et en haute montagne en particulier ne m’ont jusqu’à présent pas servi à grand chose en parapente, mais cela me permet de ne pas être à la rue quand un spécialiste du cross expose la situation météo du jour afin de l’exploiter au mieux.
Disons que toutes ces années de pratique ont formé la base de progressions futures, ce qu’on peut bien appeler une forme de culture.
Des tas d’alpinistes ont écrit des recueils de souvenirs, j’en ai lu un grand nombre. Beaucoup de navigateurs ont raconté leurs traversées et leurs courses au large. Bien peu de parapentistes ont écrit des récits de vols et cela se comprend, tant l’activité est un duo entre une personne et sa voile.
J’attends que Chrigel Maurer nous raconte ses X-Alps dans un bouquin. Pour avoir fait l’assistance d’un pilote sur une compète de ce genre, en moins énorme (St Hil Airtour) j’avais déjà pas mal de choses à raconter, “mon” pilote aussi, il y avait matière à écrire un chapitre.
Je n’ai pas volé cette semaine-là, mais ce fut quand même une expérience très enrichissante pour ma “culture” du parapente, avec beaucoup d’échanges et de rencontres. Je ne serais pas au niveau pour faire une assistance sur la X-Alps.
Salut et fraternité*
salut,
Je ne peux que abonder dans le sens du message de Champlo. karma+
[quote]Franchement, le parapente est loin d’être un sport fun pour moi, c’est le plus besogneux et laborieux que j’ai pratiqué
[/quote]
Pour moi c’est aussi l’activité qui me demande le plus de prendre sur moi, pour gérer ses émotions d’abord, avant le déco, pendant le vol… C’est aussi celle dans lequel il y a le plus d’inconnu. Et surtout un point particulier, c’est le fait qu’on ne puisse pas faire demi-tour une fois qu’on est lancé.
En ski, comme en VTT en montagne, en escalade sportive… il est toujours possible de renoncer, de faire une réchappe sur un clou, de poser le pied à terre, de faire demi-tour. En parapente, c’est pas le cas.
Puis l’éventail de connaissance à avoir pour pratiquer est quand même très important. C’est une activité complète qui ne demande pas uniquement de la technique de pilotage. Et c’est en ça que je met un bémol sur le SIV, et je pencherais nettement plus pour une approche bien plus global de l’activité, avec notamment un apprentissage au long cours pour développer une analyse fine des conditions aérologiques. Ainsi pouvoir, en tant que pilote débutant, mieux savoir à l’avance dans quoi je vais mettre l’aile, après avoir décollé.
Mais ca, c’est pas vendeur, et pas rentable et aucune école ne le proposera jamais. Il est bien plus simple de proposer un stage “pilotage” clé en main sur un w-e.
En tout cas, c’est ce que j’ai fais cette année, je me suis forcé à réfléchir à deux fois avant de suivre bêtement des invitations à voler sur les listes, ou sur le déco, les jours ou c’était trop fort pour moi. Il faut à mon avis ne pas se laisser griser par l’envie de voler à tout prix.
Pour moi il y a vraiment une notion d’instinct et de feeling dans le parapente. Les premiers pilotes qui ont connus des sketch, à l’époque ou le SIV n’existait pas, ne sont heureusement pas tous mort ou handicapé. Ils ont appris à gérer leurs incidents de vol par la pratique et par l’expérience, grâce à leurs sensations plus ou moins affutées…
a++
Je ne peux que louer kaiser38 pour sa sagesse, tout en le morigénant pour des illusions qu’il entretient afin de se rassurer.
Même avec un grand nombre de vols dans la musette, on est TOUJOURS très concentré sur un décollage, que ce soit sur site ou en montagne, quand on a trouvé un endroit à peu près décollable… et il arrive aussi que l’envie de voler soit plus forte que la raison, qui commanderait de descendre à pied.
C’est comme ça que je me suis cassée deux fois, ce qui me valut de voler dans les entrailles de Dragon.
Pour être con c’était très con, et les conséquences furent assez dures.
Je ne raconte pas le stress sur un déco quand on recommence à voler après un accident.
Quand on ne “sent” pas l’aérologie, il ne faut pas y aller, alors que dans une escalade, quand on ne “sent” pas un mouvement, on peut tenter le coup au risque de voler, ou marquer le but et tirer des rappels.
Tous les bons grimpeurs ont marqué des buts, même les meilleurs.
Quand on est en l’air, que c’était très bon au déco et que cela devient très mauvais, il faut aller poser le plus vite et le mieux possible, ce qui n’est pas toujours simple. C’est là qu’une solide expérience technique, éduquée par beaucoup de vols et quelques SIV, devient précieuse.
Il y a un aspect des SIV que je n’ai pas évoqué : cela renforce le sang-froid dans des situations difficiles, cela recule le moment où on pourrait céder à la panique. Pour la sécurité, c’est énorme.
Il est vrai que le parapente est une activité très exigeante, que cela exige un mental très fort et beaucoup de réalisme, que s’il est facile d’apprendre à voler en école il est beaucoup plus difficile et très long d’apprendre à BIEN voler.
L’auto-école apprend à manier un véhicule en conditions faciles, elle n’apprend pas à conduire et encore moins à piloter. L’expérience peut y pourvoir, au fil des années, et on passe de temps en temps à côté de grosses catastrophes. Beaucoup de gens ont une conduite lamentable et des réflexes de gastéropodes gorgés de valium, aggravés par la clope ou le téléphone.
TOUS les pilotes de parapente avec qui j’ai roulé sont d’excellents conducteurs. Il y a sans doute aussi des brèles, mais je n’en ai pas rencontré.
@kaiser38
Il faudra vraiment te botter le cul au printemps et faire un SIV. Fais-le à Annecy avec David Eyraud, cela modifiera profondément ta vision encore un peu rétrécie du parapente. Je serai ravie de t’héberger gratos dans ma caravane si tu as un souci pour te loger pas cher. Nous aurons l’occasion de parler de tout ça, avec une génération de différence.
Salut et fraternité*
Je viens d’écrire :
J’étais pressée de céder le câble RJ45 et il a manqué la conclusion du paragraphe : un stage de pilotage aide bien entendu n’importe quel conducteur, un peu dégrossi et soucieux de progresser, à affiner sa conduite en apprenant à gérer des conditions de route pas forcément évidentes, et surtout à mieux maîtriser son véhicule, à mieux freiner, à fignoler ses trajectoires etc.
Disons qu’on peut se passer de ce genre de stage quand on est très mauvais, parce que les mauvais conducteurs se croient tous très bons. On peut aussi s’en passer quand on est réellement bon, mais le pilotage auquel on arrive est quand même un peu moins efficace… surtout quand on se retrouve aux commandes d’une voiture qui pousse fort.
Pas la peine d’en remettre une couche, tout le monde a compris le parallèle avec le parapente.
En moto, c’est plus simple : les mauvais sont tout de suite par terre, ils se font des gros volumes et souvent des vilains vracs, ils passent sur 4 roues.
Les vieux motards sont tous des bons pilotes.
Les vieux parapentistes aussi, le plus souvent, encore que je connaisse un pépé de 82 ans qui vole bien mais qui décolle comme un cochon et qui se pose comme une bouse.
Salut et fraternité*
Moi je vous dis que le stage SIV c’est extrêmement profitable… à ceux qui les vendent.
Certains tarifs à la journée font tourner la tête sans engager le moindre virage 
salut,
C’est entre 110 et 160€ la journée j’ai l’impression suivant les périodes, la taille du groupe…
Ca reste un peu plus cher qu’un stage init ou perf, mais il faut compter une personne de plus sur le bateau au cas ou, en plus du moniteur et de la navette… Je dirais 3 personnes au lieu de 2…
En même temps, on fait un SIV avec un peu de pratique, et donc en toute logique, en étant dans un club. Et les clubs proposent en général des stages SIV en partie subventionnées pour des groupes déjà formés. Ca fait sacrément baisser le tarif !
Moi je suis plus choqué par les écoles qui proposent des mauvais stage perf à 100€/jour et qui se résume à remonter des gars en bagnoles toujours sur le même site, avec juste la radio pour rassurer l’élève qui est déjà capable de se poser sans assistance.
Je n’irai certainement pas plus en SIV au printemps prochain, que je n’irai faire un stage nivologie cet hiver. Je continuerais à appréhender l’activité avec prudence, et en gardant une marge importante.
Pas envie d’aller me faire peur en SIV. Ou alors, ce serait un SIV sur une journée avec un cahier des charges d’exercice qui sont pas flippant.
a++

(d’ailleurs c’est quoi un bon stage perf?)
ce qui est flippant, c’est ce qu’on ne connait pas 
moi j’ai qu’une envie, c’est de repartir en decro et autorot … alors qu’il y a encore 2 semaines je descendais mes freins cm par cm pour garder “une marge importante” !!
j’exagere a peine 
[quote]moi j’ai qu’une envie, c’est de repartir en decro et autorot … alors qu’il y a encore 2 semaines je descendais mes freins cm par cm pour garder “une marge importante” !!
[/quote]
Ça c’est un ressenti qui est très personnel, et je ne peux pas me comparer à cela. Toi tu t’es découvert peut-être un âme d’acrobate au fond de toi même, tu n’as pas peur d’engager.
Moi je me connais par le biais de plein d’autres sports que je pratique ou que j’ai pu pratiquer et je sais très bien, que je n’irai pas faire en parapente, ce que je suis pas capable de faire ailleurs. Faut pas se mentir à soi même.
Maintenant, effectivement, le SIV peut-être un bon moyen de travailler des fondamentaux pour voler en conditions un peu forte. Fondamentaux, qui je le répète peuvent très bien s’apprendre en perf en milieu non sécurisé.
M’enfin faut garder à l’esprit que rien ne remplace l’expérience, et aussi la connaissance de son aile l’adéquation qu’on a avec elle.
[quote](d’ailleurs c’est quoi un bon stage perf?)
[/quote]
Pour moi, mais c’est encore une fois un avis très personnel, le stage perf’, c’est surtout un moyen de garder à l’école des élèves qui ne se sentent pas prêt à aller ploufer seul sur site connu.
Le problème c’est que suivant les personnes, certains vont trainer en stage perf pendant des années.
A mon avis, il faudrait faire une initiation renforcée, avec une dizaine de grand vols significatif. Pour ensuite, être capable de revoler seul sur site connu en air très calme. Une fois qu’on se sent suffisamment à l’aise pour décoller et poser seul, et que le niveau est atteint, il faudrait aller en stage perf.
Ce stage perf devrait être une entrée en matière du vol en ascendance. Pas forcément en “thermique” pur d’ailleurs, mais idéalement en dynamique.
Entrée en matière où l’on apprendrait à gérer ses mouvements d’aile lors de l’entrée et de la sortie de l’ascendance (principe du tangage et, apprendre à “tenir” son aile). Puis également apprendre à tourner correctement et au bon moment (principe du virage dynamique).
Ensuite, une fois cela acquis, le pilote doit être raisonnable et capable de comprendre que suivant les conditions, il ne peut pas voler.
Le pilote après son stage “ascendance” pourra voler en restit du soir, aborder des thermiques au période de l’année ou ceux ci sont doux…
Et après, le reste vient avec l’expérience.
Un pilote qui sais voler en thermique, avec une attitude non passive, le corps bien gainé, avec les coudes qui baladent pas, et qui est capable de contrer les effets de cisaillement d’un thermique (le cul qui tombe d’un coté de la sellette), est capable ensuite de contrer une petite fermeture. Et ainsi de suite…
Je vois pas comment tu vas pouvoir selectionner des conditions ou tu seras certain de ne jamais partir en autorot … a moins de ne jamais voler en thermique.
Et pour tester une autorot sans milieu securise … Brrrrr
Et je ne vois pas comment tu peux être certain d’arriver à contrer ton auto-rotation, et à reprendre un régime de vol normal, qui plus est si tu es près du relief.
Si on a inventer le secours, c’est justement pour les jours ou ca veut pas…
Donc, comme on a des chances de toute façon s’en mettre une, essayer de savoir à quoi on s’expose et s’y préparer ne sert à rien ?
Sacré débat :canape:
Ben pour avoir contrer des auto-rot en stage SIV et en vrai, je peux te dire que ça aide de l’avoir vécu avant en milieu sécurisé. On ne peut pas dire qu’on est toujours certain d’arriver à enrayer une autorot, mais pour un pilote entraîné à la manœuvre, je dirais que c’est plus que probable…
Après l’histoire du relief, bon oui, pourquoi pas, mais faire un stage SIV ne rend pas idiot. Si tu te manges une autorot des familles à 50m des arbres, c’est secours direct…
tu t’emballes tout seul. Personne n’a jamais dis que ça servait à rien !
J’ai mal compris la question qui te servait de réponse à akira alors. J’ai toujours pas compris d’ailleurs… Mais je venais juste nourrir le troll…
Il y a comme ça des “alpinistes” qui se limitent à faire des voies normales derrière des guides. C’est leur droit et ils peuvent aimer ainsi la montagne, mais question alpinisme c’est quand même un peu limité.
Il y a aussi des parapentistes qui ont peur de progresser, parce qu’ils ont tout simplement peur quand ils sont en l’air. Ils entretiennent alors souvent l’illusion que faire des ploufs du matin ou du soir leur donnera de l’expérience et que, graduellement, ils décolleront chaque mois une minute plus tôt le soir, ou plus tard le matin.
C’est leur droit et du moment qu’ils se font plaisir il n’y a vraiment rien à critiquer.
Cette manière prudentissime - voire pusillanime - d’envisager la progression n’a aucun sens, pas plus que les “alpinistes” sus-mentionnés ne progresseront dans leur apprentissage de la montagne tant qu’ils se limiteront à des voies normales.
Il est naturel d’avoir peur quand on évolue dans un milieu qui n’est pas le nôtre, mais il est naturel aussi de dominer sa peur et de reculer le moment où elle apparaît.
J’ai un copain qui a toujours eu peur des femmes et qui n’est même pas homo. Il a 43ans et il est toujours puceau, cela le regarde mais quelque part on peut penser qu’il a loupé quelque chose dans sa vie.
Je ne sais pas si je me fais bien comprendre.
Je vais alors comparer le 1er SIV à la première femme. Pour beaucoup de garçons, “ce ne fut pas Waterloo mais ce ne fut pas Arcole”, comme chantait Brel.
Il y a dans la communion du pilote avec son aile une relation qui n’est évidemment pas sexuelle (bien que dans les deux cas on s’envoie en l’air) mais dont les mécanismes psychologiques sont d’une nature comparable.
Le pilote qui a peur de progresser est comme le garçon amoureux qui a peur d’aller vers sa belle, les deux n’arriveront qu’à des frustrations. Il y a un moment où il faut vraiment se lancer, quitte à prendre le risque d’une “claque” si on est vraiment trop maladroit. Avoir peur ne sert à rien quand il n’y a aucun danger.
On peut aussi se prendre un gros vrac méchant par temps calme sous une voile tranquille, il ne faut pas imaginer que cela se passera toujours bien, même en faisant tout ce qu’on peut pour qu’il ne se passe jamais rien. A partir du moment où on est en l’air, il peut se passer des tas de trucs, plus ou moins probables mais jamais impossibles. Autant apprendre à les gérer pour faire reculer la peur et voler avec davantage de plaisir, sans faire de l’huile en permanence.
Il est vrai que certaines manoeuvres de SIV tirebouchonnent le mental. Personnellement je trouve toujours l’autorot terrifiante, bien que l’ayant faite 4 fois. Cela a quand même abouti à un contrôle parfait en temps réel de toutes les fermetures asymétriques qu’il m’a été donné d’encaisser, ce n’est pas à négliger. Comme tout le monde, il peut m’arriver de prendre une grosse claque, cela ne me terrifie pas.
Idem les frontales. J’en ai encaissé quelques unes et j’en encaisserai d’autres, comme tout le monde, je fais ce qu’il faut pour les éviter mais c’est parfois inévitable en périphérie d’un thermique puissant. Et alors ? C’est parce qu’on a peur de prendre une frontale qu’on va se priver du vol en thermique ? Ce serait vraiment très con.
Le décrochage est une manoeuvre un peu spéciale, nécessaire pour sortir une cravate mais les voiles de classes A et B ne cravatent pas. Si on ne vole pas avec trop de frein, on ne risque pas de décrocher. Savoir gérer cet incident peut quand même être utile, ne serait-ce que pour savoir que cela se pilote et qu’il n’est pas nécessaire de sortir le secours.
Aux niveaux A et B, le décrochage est toujours la conséquence d’un pilotage aberrant.
On peut aussi parfois, suite à un incident, encaisser une très grosse abattée. C’est terrifiant la première fois mais quand on a appris à temporiser une abattée c’est presque de la rigolade.
J’avais des crampes fessières lorsque je suis montée pour mon premier vol SIV, j’imaginais des trucs épouvantables… et en réalité c’est du pilotage comme en stage perf, mais amplifié pour approcher la limite du domaine de vol. Cela passe tout seul et on se prend vite au jeu.
Ce fut exactement la même chose pour Corinne, qui a une audace fantastique et le sang-froid qui va avec.
Cela n’a rien à voir avec de l’acro, c’est même presque banal mais on affine beaucoup toute la gestuelle et on fignole les mouvements, donc on pilote mieux.
Bon, il y a l’autorot… certains en adorent les sensations, moi pas du tout mais c’est peut-être à cause de l’âge.
Il y a toujours un briefing le matin, pour déterminer le programme de la journée, et souvent après chaque vol pour vérifier le programme du suivant. Celui qui a merdé un exercice le refera, c’est quand ce sera réussi qu’il pourra passer au suivant.
Celui qui a peur a le droit de se dégonfler - cela m’est arrivé, je me chiais dessus à l’idée de faire l’autorot et j’ai dit “non” avant d’y aller, ce qui m’a valu de faire le 360 aux grandes oreilles. Le lendemain, je me chiais toujours dessus mais je me suis botté le cul, j’y suis allée et j’ai fait 4 tours en autorot, sortie évidente mais c’était toujours aussi terrifiant.
Le départ en autorot peut arriver à n’importe quel pilote qui encaisse une fermeture et qui ne sait pas la gérer en temps utile. Comme il ne sait pas non plus en sortir, il n’y a plus qu’à sortir le secours.
Quand le départ en autorot a lieu en sortie de déco, c’est le retour au relief immédiat avec des conséquences qui peuvent être tragiques. Un coup de sellette et on a contré mais si on met aussi du frein cela peut se passer très mal.
Quand on a fait du SIV, tout ça est d’une banalité à faire pleurer un veau de 3 semaines.
Croire qu’en “volant pépère” il n’arrivera aucun incident est une illusion dangereuse, bien plus dangereuse que ce qu’on peut faire en SIV puisqu’un SIV se fait en milieu sécurisé, danger nul.
Il reste les croyances qui échappent à toute forme de rationalité, là je n’ai aucune expertise pour traiter ce genre de blocage psychologique.
Salut et fraternité*
je pense que cela résume tout, entiérement d’accord avec pob